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Roland Topor

Vierge quand même

Ref. CA496

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Année 1996

Catégorie Peinture

Technique Acrylique sur toile

Hauteur x Largeur (cm) 130 x 90

Signature Signé en bas à gauche

Zone géographique Europe

Certificat TOPOR, Nicolas (fils et légataire de l'artiste).

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Roland Topor naît en 1938 à Paris où se sont installés ses parents, immigrés juifs polonais. Bientôt traqués par le régime de Vichy, ils parviennent à s’évader du camp de Pithiviers pour se réfugier en Savoie où le jeune Roland passera son enfance. Mais les épreuves de la guerre et l’Holocauste laisseront en lui des traces profondes et indélébiles dont témoigneront ses œuvres.

 

Inscrit à l’École des Beaux-Arts de Paris depuis 1955, il renonce à la carrière traditionnelle de peintre pour suivre la voie de Siné (1928-2016) dans le dessin humoristique et dérangeant. Dès juillet 1958, son premier dessin est publié dans Bizarre, revue de Jean-Jacques Pauvert d’inspiration dadaïste et surréaliste usant de l’humour noir. C’est de cette époque que date son personnage au chapeau melon, clin d’œil à Magritte comme à Charlot. Puis, de 1961 à 1966, il rejoint l’équipe décapante d’Hara-Kiri, « journal bête et méchant » récemment créé par François Cavanna et Georges Bernier (alias le Professeur Choron).

À la fois violent et intellectuel, l’humour de Topor conquiert rapidement un public avisé et le succès officiel ne se fait pas attendre : il reçoit dès 1961 le Grand Prix de l’humour noir, tandis que les éditeurs lui proposent l’illustration de livres. C’est le début d’une activité qu’il développera (plus de cent livres) sans restriction de genre, depuis la couverture du livre de poche jusqu’à l’ouvrage de collection, dès l’instant où il se sent des affinités avec le texte, qu’il soit celui d’un ami (Manuel du savoir-mourir d’André Ruellan, Prix de l’humour noir ; Jacques Sternberg ; Boris Vian), d’un classique de la littérature française et étrangère (ex. : Œuvres romanesques de Marcel Aymé) ou d’encyclopédies.

Topor qui vise à toucher le plus grand nombre collabore par la suite avec le journal Le Monde, le magazine ELLE, le New York Times, Libération ou encore Die Zeit.

 

En réalité, Roland Topor ne se considère ni comme dessinateur de presse -de fait, ses contributions ne sont que rarement liées à l’actualité- ni comme simple illustrateur pour l’édition. En témoigne la création, dès 1962, avec Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowsky, de Panique, mouvement dépourvu de tout dogmatisme artistique, si ce n’est celui d’une liberté totale et joyeuse abolissant tous les tabous ; il vise d’abord André Breton qui veut continuer à imposer son autorité, jugée dérisoire, sur le groupe vieillissant des Surréalistes. Panique réunira jusqu’à la fin des années 1990, toujours de façon informelle, des plasticiens, écrivains ou hommes du spectacle, comme Christian Zeimert, Sam Szafran, Olivier O. Olivier, Diego Bardon, Jacques Sternberg, Jérôme Savary, André Ruellan.

 

Topor reste foncièrement libre mais se reconnaît volontiers dans la famille artistique héritière de Marcel Duchamp, personnage hors normes qui a nourri notamment le Dadaïsme, le Surréalisme ou encore l’Art conceptuel. De sorte qu’on le voit fréquenter des artistes comme Jean Tinguely, Robert Filliou, Daniel Spoerri, Erik Dietman ou Pol Bury. Et à partir de 1966, dans l’atelier de Peter Bramsen qui l’initie à la linogravure pour réaliser notamment des affiches, Topor rencontre d’autres avant-gardistes dont certains, tel Pierre Alechinsky, deviennent ses amis.

S’il revendique le statut d’artiste (il figure par exemple à l’exposition 1960-72, Douze ans d’Art contemporain au Grand Palais), Topor pratique néanmoins l’ironie et la dérision face à nombre de courants contemporains, comme en témoigne une vidéo qu’il a réalisée. Car servi par une extraordinaire propension à la conceptualisation, il s’agit toujours pour lui de s’amuser à bousculer tout conformisme, qu’il soit imposé par le marché de l’art ou par les intellectuels.

 

Doué d'un génie polymorphe autant que prolifique, il abolit toutes les frontières en matière d’activité artistique : le voilà aussi acteur et dessinateur du générique du film Qui êtes-vous Polly Maggoo ? de William Klein en 1965, avant de se voir confier quelques rôles comme dans Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog (1979) ; pour le cinéma encore, il crée des affiches –celle du Tambour de Volker Schlöndorff en 1978 fait le tour du monde-, des dessins comme ceux pour La Lanterne magique, séquence du film Casanova de Fellini (1975) ; il conçoit des films d’animation avec René Laloux, dont La Planète sauvage, chef-d’œuvre de science-fiction qui reçoit le Prix spécial du jury au Festival de Cannes en 1973 ; lui sont confiés décors et costumes des opéras Le Grand Macabre de Georg Ligeti donné à Bologne en 1978, Ubu Rex de Kristof Penderecki à Munich en 1991, et en 1992 de la pièce Ubu Roi d’Alfred Jarry dont il fait aussi la mise en scène, au Théâtre national de Chaillot ; mais il s’adonne aussi très tôt à l’écriture qui le propulse d’emblée dans l’avant-garde littéraire, publiant dès 1960 une nouvelle, L’Amour fou, comme pied-de-nez à Breton qui abhorre la science-fiction, et en 1964 son premier roman, Le Locataire Chimérique, adapté au cinéma en 1976 par Roman Polanski ; c’est le début d’une longue série comprenant nouvelles, poèmes, pièces de théâtre, scénarii de films, chansons et sketches destinés à des émissions de télévision : il écrit avec Jean-Michel Ribes, dans un esprit chansonnier caustique et burlesque Merci Bernard en 1982 et conçoit en 1983 avec Henri Xhonneux l’émission pour enfants Téléchat, où des marionnettes parodient le journal télévisé. Sans compter les livres dont il fait un objet artistique en soi, livres-pastiches (Le Bateau ivre), livres-gags (Le Livre à boutons)

 

Cette frénésie créatrice d’un art qui se veut universel dans ses formes d’expression et ses publics et qui affiche un humour noir ou fantaisiste se mêlant à l’absurde, à la scatologie (il a l’obsession de la défécation), au sexe, à la violence, semble bien révéler sa conception de la vie, si fortement grave qu’il faut bien la prendre à la légère, face à un monde dont la bien-pensance cache en réalité l’animalité de l’homme capable de monstruosités.      

 

« Je suis paniqué et je me marre. »

« L’erreur comme le rire est le propre de l’homme. »

« La violence sucrée de l’imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel. »

 

Attitude profondément subversive qui s’exprime aussi dans les multiples contributions de Topor à des causes humanitaires, telle la campagne médiatique menée en 1976 par Amnesty International contre la torture envers les prisonniers politiques, pour laquelle il offre le fameux dessin d’un homme à la mâchoire enfoncée à coups de marteau, symbole de la liberté d’expression opprimée. 

 

Mais il adopte aussi une autre manière de faire résilience, par le biais du rêve et de la tendresse qu’il découvre avec la naissance de son fils Nicolas en 1963 : il crée beaucoup pour la jeunesse à partir de 1970. De dessins peuplés de créatures fantasmagoriques entourant l’enfant endormi, il cherche dans La Planète sauvage à enseigner la résistance à la violence humaine et la recherche de la paix.

 

Fruit d’un imaginaire aussi débridé que fécond, l’art d'essence surréaliste de Topor fait un clin d’œil à de nombreuses références du passé, les plus évidentes en peinture étant Jérôme Bosch, Goya, Félicien Rops et Magritte, sans oublier les gravures de Gustave Doré qui semblent bien lui inspirer, à partir du milieu des années 1960, la technique classique des hachures pour donner relief et densité à ses compositions. Si, comme dans ses premiers dessins dont le style est des plus concis, le « noir et blanc » domine encore, les années 1970 voient l’apparition de la couleur, avec l’aquarelle et le crayon de couleur associés à l’encre de Chine, et les années 1980 les premières peintures à la bombe. 

 

Roland Topor meurt accidentellement en 1997, laissant un œuvre colossal, à la fois angoissé et joyeux, reflet d’un homme intimement blessé mais malgré tout foncièrement humaniste.

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Vente Drouot (Étude Briest), Paris, "Roland Topor : 96 oeuvres", 28 avril 1999, n° 46. en lire plus >>

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Nicolas Topor (fils et légataire de l'artiste). en lire plus >>

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