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Recycle Group

Noah's Ark

Ref. CH134

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Année 2015

Catégorie Sculpture

Technique Terre cuite

Hauteur x Largeur x Profondeur (cm) 160 x 40 x 50

Signature Non Signé

Edition Pièce originale

Zone géographique Europe

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Recycle Group, qui s’est révélé au public en 2008, est composé de Georgy Kuznetsov né en 1985 à Stavropol et d’Andrey Blokhine né en 1987 à Krasnodar, tous deux diplômés de l’Academy of Industrial Art de Krasnodar en Russie.

Ce nom de « Recycle » qui indique à l’origine l’utilisation de matériaux recyclables prend au fur et à mesure une dimension conceptuelle : la réinterprétation ou la transformation d’idées et d’images.

 

Leur projet consiste en premier lieu à travailler des matériaux industriels recyclables -acrylique, grillage en plastique, caoutchouc de polyuréthane, polyéthylène…-, afin de dénoncer la prolifération des déchets générés par le consumérisme généralisé et croissant de nos sociétés mais aussi d’alerter sur les conséquences à venir de ce phénomène. Ainsi, à partir de 2010, ils créent Sarcophagus, poubelle urbaine actuelle sculptée sur ses flancs de bas-reliefs ou enserrant un homme assis en tailleur, illustrant le danger que l’être humain soit englouti sous ses propres déchets, d’autant plus que ces matières synthétiques sont soumises à une décomposition physique particulièrement lente.

 

Cette préoccupation mène Recycle Group à s’interroger plus globalement sur le devenir de nos productions actuelles et sur ce que les archéologues du futur pourront considérer comme les vestiges de notre civilisation contemporaine. Ils assignent donc fréquemment à leurs œuvres un « statut archéologique », les montrant fortement dégradées par l’érosion ou leur donnant clairement pour référence formelle et iconographique la tradition artistique occidentale, à savoir le classicisme des statues grecques, des bas-reliefs narratifs de l’époque romaine ou celui du Quattrocento.

 

Et ce qui va les interpeller au plus haut point dans le fonctionnement des sociétés humaines d’aujourd’hui, où qu’elles soient, est la place de plus en plus envahissante qu’y occupent Internet et ses supports : avec des données mises à jour constamment et transmises instantanément à un nombre croissant d’individus, s’est instaurée une forte dépendance aux nouvelles technologies, à l’instar d’un véritable culte. Recycle Group s’interroge sur l’évolution du phénomène et ses conséquences, selon une approche visionnaire qui se teinte à la fois d’ironie et de remords.

 

À l’ère d’Internet, la nouveauté majeure, selon Recycle Group, est qu’un individu possède deux vies, l’une dans le monde réel et l’autre dans l’espace virtuel « en ligne » ; à la réflexion, avec la mondialisation du web, les réseaux sociaux constituent en soi de véritables nouveaux mondes, régis par leurs propres règles et rituels, tandis que l’information disponible en masse acquiert une importance et un pouvoir tels sur les individus qu’on peut parler d’une divinité toute-puissante capable de dominer la pensée et d’imposer ses lois. Nous sommes donc à la merci d’une entité supérieure à laquelle nous nous fions, d’autant plus que la complexité technologique toujours accrue qui la met en œuvre nous échappe toujours davantage... Les Tablets of the Convenant (2012) montrent ainsi dix dalles sur lesquelles est gravé le texte des conditions générales de Facebook, en référence directe aux Dix Commandements bibliques.

 

De fait, Recycle Group établit fréquemment une transposition de la religion chrétienne et de son iconographie traditionnelle à la nouvelle religion du Net, que son installation Conversion (2015) dans l’église Sant’Antonin de Venise illustre magistralement : il s’agit de montrer les ruines futures d’un sanctuaire de notre époque, où les statues des Enlighteners ou « éclaireurs » disséminées dans la nef font face à un autel au centre duquel est érigé, comme une croix ou une crosse d’évêque, un « f » géant, emblème de Facebook qui domine les vestiges de l’Arche de Noé. De part et d’autre, de grands bas-reliefs suspendus en hauteur déploient des scènes inspirées directement des représentations de la Passion du Christ : Conference reprend les dispositions de la Cène pour montrer les nouveaux apôtres occupés à une vidéoconférence par Skype, focalisés sur un visage émergeant d’un écran d’ordinateur, écrin de la nouvelle foi, tandis que Tower Rising substitue à l’élévation de la croix sur le Golgotha l’érection d’une antenne-relais pour téléphones cellulaires. Sur le côté, un autre bas-relief fait d’une succession de niches abritant les usagers du web devenus des saints (Users).

 

Ailleurs, c’est la référence à la religion des anciens Égyptiens avec Luxor Antenna (2016), obélisque recouvert de symboles technologiques liés au Net et fusée prête à décoller dans le ciel virtuel. Tandis que le bas-relief Battle adapte un thème cher à l’Antiquité romaine pour montrer les hommes se livrant à une lutte acharnée afin de capter le signal du réseau sur leurs appareils, exprimant ainsi le désespoir et la vulnérabilité de ceux qui ne sont pas « en ligne ». Car, comme l’a souligné la critique Ekaterina Scherbakova, risque de se superposer à la dichotomie traditionnelle « vie/mort » une nouvelle, « en ligne/déconnecté ». De sorte que l’absence de connexion au monde virtuel est une mise en péril de l’individu, selon les lois de la nouvelle religion, puisque nous définissons de plus en plus notre identité à travers les réseaux sociaux que sont Facebook ou Twitter :

« Nous menons une réflexion sur la potentialité qu’a le Net d’offrir l’immortalité à ses utilisateurs. Les portraits en ligne existent, même si la personne n’utilise pas son compte. Déjà une vie éternelle est promise aux usagers corrects du Net, tandis que les déviants [diffuseurs de virus, de spams, etc.] sont bloqués par la machine et envoyés à jamais dans l’enfer virtuel du vide intégral. »

Blocked Content (2017) illustre cette idée, dans une installation inspirée du 9e Cercle de l’Enfer de Dante qui montre des personnages englués dans des figures géométriques et incapables de revenir à la vie, visibles uniquement par le biais d’une application numérique de réalité augmentée, téléchargeable par le visiteur.

 

Recycle Group n’hésite donc pas à recourir aux nouvelles technologies, employant encore l’imprimante 3D pour réaliser les éléments de cette installation ou, dans Future Archaeology, un robot interactif programmé pour montrer au visiteur des photographies prises par les deux artistes lors d’un voyage en Islande -paysages intacts à première vue mais en fait habités par des icônes liées au Net (ex. : Wifi, Bluetooth)-, tandis que le grillage en plastique pour façonner figures et draperies des bas-reliefs évoque une image holographique et la fragilité de sa virtualité.

    

L’art de Recycle Group, « provocation sophistiquée », selon James Putman, questionnant l’avenir de notre humanité sous l’emprise grandissante du monde virtuel, a reçu différentes récompenses, dont le Prix Kandinsky, catégorie « Jeune Artiste » en 2010 et le Prix Arte Laguna en 2016. Il est présent dans diverses collections publiques à travers le monde, parmi lesquelles l’Albright Knox Gallery à Buffalo (Wyoming), le Royal Museum of Scotland à Édimbourg, le Multimedia Art Museum à Moscou ou le PERMM Contemporary Art Museum à Perm (Russie).

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Acquis du groupe d'artistes. en lire plus >>

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