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Jeff-Koons/balloon-venus

Jeff Koons

Balloon Venus

Ref. YS739

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Année 2013

Catégorie Sculpture

Technique Résine polyuréthane, polie et peinte à la main.

Hauteur x Largeur x Profondeur (cm) 61,9 x 33 x 36

Signature Non Signé

Edition d'une édition de 650

Zone géographique Amérique

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Né en 1955 à York en Pennsylvanie (États-Unis), Jeff Koons est le fils d’un architecte décorateur tenant un magasin de meubles, de sorte qu’il est très tôt soumis aux effets de l’esthétique sur les émotions. Se révélant, dès l’âge de cinq ans, doué pour l’art, il commence à étudier dessin et peinture en 1962, avant de fréquenter à l’adolescence le Maryland Institute College of Art de Baltimore puis l’Art Institute de Chicago. C’est là qu’Ed Paschke, professeur et artiste Pop Art de la deuxième génération, l’initie aux concepts de Marcel Duchamp et à ses « ready-made ».

Tout en devenant trader pour vivre, Jeff Koons se livre à des expériences artistiques et en 1980 produit The New, première série d’objets qui sera exposée dans la vitrine du MoMA : il s’agit de caisses de plexiglas contenant des aspirateurs neufs et des néons. Désargenté, il part vivre chez ses parents mais revient à New York et crée en 1985 avec Richard Feynman, prix Nobel de physique, la série Equilibrium montrant des ballons de basket en suspension dans des aquariums.

Ces deux séries initiales indiquent d’emblée la double orientation de sa production à venir, à la fois inspirée du Pop Art dans son appropriation d’objets de la vie quotidienne et d’un Surréalisme, parfois fantastique, dans ses associations insolites (ex. : Femme dans la baignoire, 1988).

Wall Street encore lui permet de poursuivre son activité artistique, qui évolue dès 1986, après la transposition de trains miniature Jim Beam transportant du whisky (série Luxury and Degradation) -à l’origine en porcelaine et plastique- en acier inoxydable poli, vers la représentation de personnages en ronde-bosse, à commencer par son Inflatable Rabbit, version en inox d’un jouet gonflable pour enfant. Son attirance pour les objets liés à l’enfance va s’affirmer, encore accrue par les difficultés rencontrées pour revoir ses enfants (série des Balloon Dogs).

D’une manière générale, il s’empare de figures issues de l’imagerie populaire, reprenant à son compte les bibelots qui peuplent les bazars, où les héros de bandes dessinées et de dessins animés (ex. : Popeye, 2003) côtoient l’icône de Michael Jackson et même une chienne caniche toilettée (Poodle, 1991) ; il revisite plus ou moins des images de publicité, tel Fait d’hiver créé en 1985 par Naf Naf qui va l’accuser de plagiat, et des figures célèbres tirées de l’art traditionnel, comme la statue du Kiepenkerl de Münster, celle des Animaux musiciens de Brême ou le saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci. Les scènes peuvent être fidèles à l’original ou bien recomposées, avec d’éventuels changements ou ajouts de personnages.

Il n’hésite pas non plus à reprendre des photographies d’auteurs pour les transposer en ronde-bosse pratiquement à l’identique, ce qui lui vaut encore d’être poursuivi pour plagiat : Naked (1988) d’après une photo de Jean-François Bauret de 1975, String of Puppies (1988) d’après un cliché d’Art Rogers de 1985.

Au début des années 1990, loin de l’innocence enfantine, la série Made in Heaven cumule des images érotiques et même pornographiques destinées à provoquer : des photos le montrent prenant la pose aux côtés de son épouse d’alors, la Cicciolina, dans un décor kitsch, tandis que des sculpture de verre représentent sans détour des ébats amoureux (Violet-ice – Kama Sutra) ou qu’un piédouche classique soutient un couple moderne enlacé (1991).

À noter dans la plupart de ces compositions une créativité plus originale que l’on retrouve aussi dans certains tableaux de « collages » : découpage mêlant photo et dessin, noir et blanc et couleur associant des symboles états-uniens comme les donuts et le rocher « présidentiel » du Rushmore (1999), images de sculptures grecques antiques à connotations érotiques (Aphrodite) ou sexuelles (dieu ithyphallique) plaquées sur des paysages, le tout rehaussé d’un trait rapide représentant un bateau voguant sous le soleil (2009) ; en 2010, la statuaire grecque partage la scène avec la photo d’une femme chevauchant un dauphin en compagnie d’un singe. La sexualité acquiert donc une place de choix dans l’évolution artistique de Jeff Koons, qu’elle soit latente dans la présence récurrente du cochon ou explicite.

Il l’oublie cependant lorsqu’en hommage aux victimes des attentats de Paris en 2015, il fait don à la Ville de Paris d’une Main offrant un bouquet de tulipes. Mais si le concept est offert, l’exécution de l’objet gigantesque reste très onéreuse, étant toujours l’apanage d’une centaine d’assistants œuvrant dans son atelier de Chelsea (New York), qui vont jusqu’à transcrire sur toile les peintures imaginées en CAO par Jeff Koons.

Il affirme vouloir faire de l'art pour le plus grand nombre : « traiter les choses avec lesquelles tout le monde peut créer un lien », d’autant plus facilement sans doute que ses œuvres le plus souvent parées de couleurs vives adoptent une échelle démesurée en regard du modèle -dans la lignée des sculptures de Claes Oldenburg- ou au contraire se limitent au format publicitaire plaqué sur des sacs (H&M, 2014 ; Louis Vuitton, 2017).

Cette production hétéroclite se caractérise par un éclectisme de tous bords, où l’association des contrastes est de mise. Outre la variété des techniques employées -installation, peinture, photographie, sculpture en divers matériaux traditionnels (bois, marbre, bronze, porcelaine…), modernes (aluminium, acier inoxydable) ou insolites (des milliers de fleurs véritables pour Puppy et Split-Rocker), Jeff Koons aime faire tomber les barrières, mêlant les éléments populaires et savants, triviaux et raffinés, le banal et l’insolite, l’ancien et le moderne, le religieux et le profane, le laid et le beau... 

De sorte que cet art qui glorifie le kitsch entretient une ambiguïté permanente : donnant à un ballon gonflable la solidité de l’acier (Balloon Dogs), Jeff Koons semble poser un regard complaisant sur la société, désireux d’élever la culture de masse au rang de la culture savante, mais il n’est peut-être pas dépourvu de condescendance ni même d’ironie.

(Martine Heudron)

 

 

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