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Fernando Botero

Nature Morte (El Bodegón)

Ref. AJ712

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Année 1971

Catégorie Œuvre sur papier

Technique Stylo, encre de Chine et crayon sur papier vélin

Hauteur x Largeur (cm) 29,8 x 39,8

Signature Signé et daté

Zone géographique Europe

Certificat BOTERO, Fernando, en date du 2 décembre 2009.

Signé daté en bas à droite. Les natures mortes de Botero tiennent une place particulière dans son œuvre : en elles, il perpétue la tradition des maîtres de la nature morte du baroque espagnol, comme Juan Sánchez Cotán ou Francisco de Zurbarán, "qui parviennent à transformer de simples objets en des natures mortes d'une noblesse rayonnante", affirme l'artiste. Il attribue aux divers éléments de ses natures mortes des formes sensuelles et imposantes, caractéristiques de son style pictural. en lire plus >>

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Fernando Botero (Luis Fernando Botero Angulo), peintre et sculpteur colombien, naît en 1932 à Medellín où il passe son enfance. À l’âge de quatre ans, il perd son père ; la famille est aidée par un oncle qui l’inscrit dès 1944 dans une école taurine où il ne restera que deux ans ; mais s’il est terrorisé par les taureaux, il restera fasciné par l’univers de la tauromachie, comme en témoignent ses premiers dessins jusqu’à ses derniers travaux.

 

Dès 1948, Botero âgé de 16 ans voit ses dessins publiés dans El Colombiano, grand journal de Medellín ; en 1949, il est expulsé de son collège pour avoir dessiné des nus et écrit un article « Picasso et le non-conformisme en art » dans le même quotidien. Il découvre en effet à cette époque les peintres européens, tout en se montrant très influencé par l’art précolombien, autant que l’art des muralistes mexicains comme Diego Rivera (1886-1957), José Clemente Orozco (1883-1949) ou David Alfaro Siqueiros (1896-1974).

 

Parti pour Bogotá en 1951, il y fréquente le milieu littéraire qui l’initie notamment au courant du Réalisme magique. Il obtient ses premiers succès, lors de sa première exposition particulière suivie de quelques ventes, puis en 1952 lors de sa participation au 9e Salon des Artistes colombiens avec Frente al mar (Sur la côte) ; ayant remporté le second prix agrémenté d’une belle somme d’argent, il décide de voyager en Europe afin de se former.

 

En Espagne, s’étant inscrit à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando, il étudie au Musée du Prado les maîtres espagnols, notamment Velázquez et Goya qu’il prend pour modèles. À Paris en 1953, il est déçu par les collections contemporaines du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris et va étudier la peinture ancienne au Louvre. À Florence, admis à l’Académie San Marco, il s’initie à la fresque, copie Giotto ou Castagno, s’intéresse de plus en plus au Quattrocento et part visiter d’autres villes d’art.

 

De retour à Bogotá en 1955, il organise à la Bibliothèque nationale une exposition de ses œuvres italiennes mais c’est le rejet, autant par le public que la critique qui ne jure alors que par l’École de Paris.

 

C’est en 1957 à Mexico, où il s’est installé avec sa famille, que Botero invente son style propre, dans une Nature morte à la mandoline qui obtient aussitôt un véritable succès : il découvre enfin le moyen de rendre la monumentalité en jouant sur les proportions, une mandoline aux formes épanouies munie d’une rosace toute petite.

Dès lors, sa réputation ne cesse de grandir, aux États-Unis, où il trouve un soutien financier et moral en la galeriste Tania Gres, comme à Bogotá où il est nommé professeur de peinture à l’Académie des beaux-arts.

 

À partir de 1960, Botero poursuit ses voyages entre la Colombie, New York et l’Europe, pour y vivre mais aussi continuer d’étudier l’art ancien et contemporain.

Alors que d’autres artistes latino-américains célèbres s’étaient inspirés des révolutions artistiques européennes (tels les Muralistes), Botero prend fréquemment comme source d’inspiration l’art ancien, depuis la Renaissance jusqu’à Manet en passant par Ingres. Il réalise ainsi une série de dix tableaux d’après Velázquez (1959), une Mona Lisa à l’âge de douze ans (1959) d’après La Joconde de Léonard de Vinci, des portraits d’Hélène Fourment d’après Rubens (1964), les Dureroboteros, grands dessins au fusain d’après Dürer, des peintures d’après Le Déjeuner sur l’herbe de Manet (1967-69), un portrait de Federico de Montefeltro d’après Piero della Francesca (1998), d’autres de Mademoiselle Rivière d’après Ingres (2001)...

« Prendre pour modèle une peinture d'un autre peintre, ce que je fais souvent, c'est se mesurer à la puissance picturale d'une œuvre. Si la position esthétique que l'on a est absolument originale par rapport à celle à laquelle on se confronte, l'œuvre que l'on fait est elle-même originale. »

 

Hormis ces « œuvres-copies » qui font un clin d’œil humoristique au passé, ses sujets de prédilection sont les natures mortes, les nus féminins, les scènes de la vie quotidienne en Colombie ainsi que les portraits de famille. Botero affirme alors ne pas recourir à des modèles :

« Je n’ai jamais travaillé avec des modèles. Un modèle pour moi constituerait une limitation à ma liberté de dessiner ou de peindre. Je n’ai jamais posé trois objets sur une table pour faire une nature morte. Je ne me suis jamais placé, non plus, dans un endroit particulier pour reproduire un paysage. En réalité, je n’ai besoin de rien devant moi. Mes choix de personnages sont arbitraires et tous sont le fruit de mon imagination. » (entretien, 2007)

 

On remarque sur tous ces visages une absence quasi généralisée de sentiments ou d’états d’âme, comme si l’artiste voulait donner une image impartiale et détachée de l’humanité ; « manque de dramatisme », « imperturbabilité préromantique » sont les termes de l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa pour qualifier l’art de Botero. Ces personnages tout en rondeurs dégagent pourtant une impression étonnante de grâce et de légèreté. Si l’on questionne Botero à propos de leur poids, il répond :

« Gros, mes personnages ? Non, ils ont du volume, c'est magique, c'est sensuel. Et c'est ça qui me passionne : retrouver le volume que la peinture contemporaine a complètement oublié (...). »

Ces formes démesurées et voluptueuses laissent aussi poindre, dans la plupart des cas, une certaine dose d’humour, voire d’ironie, accentuée par le chatoiement des couleurs vives et franches qui se déploie sur la toile (à l’exception de la série d’après Velázquez datée de 1959 –tonalité monochrome et touche nerveuse-, écho probable à l'Expressionnisme abstrait que l’artiste vient de découvrir à New York).

C'est justement ce florilège de couleurs associé au mouvement qui le fascine dans l’art de la tauromachie, selon lui inhérent à la culture espagnole et d’une beauté magique, au point qu’il peindra presque exclusivement des corridas de 1984 à 1986.

 

Pourtant, dans ce même style, l’artiste traitera parfois des thèmes graves et tragiques, à commencer par une série consacrée aux premières années de son fils Pedro, mort en 1974 dans un accident de voiture à l’âge de quatre ans ; en 2004, voulant dénoncer les mauvais traitements infligés aux détenus de la prison d’Abu Ghraib en Iraq, il réalise une série de 87 dessins et peintures, à partir de photographies prises par les soldats américains et de leurs témoignages, qu’il ne tardera pas à exposer ; en octobre 2011, il présente Via Crucis, série sur la Passion du Christ, à New York, ville qui selon lui fait l’apologie du vice.

La sculpture aussi -discipline qu’il aborde pour la première fois à Paris où il s’est installé en 1973- va permettre à l’artiste de s’exprimer ouvertement, lorsqu’en 1995 un attentat à Medellín frappe de nombreuses personnes et détruit sa sculpture de L’Oiseau : Botero fait don à la ville d’une réplique, placée à côté des débris en signe de paix.

 

Botero a créé un style unique qui semble bien ne se rattacher à aucun courant artistique et qui fait de lui l’artiste vivant sud-américain le plus connu à travers le monde.

Très généreux, il donne à plusieurs reprises un ensemble d’œuvres au Musée de Zea à Medellín qui crée une salle baptisée « Pedro Botero » en hommage à son fils, au Musée national de Bogotá et au Musée d’Antioquia de Medellín qui possède aujourd’hui la plus grande collection de ses œuvres. À Bogotá, s’est ouvert le Musée Botero, d’accès gratuit, pour abriter la collection personnelle de l’artiste dont il a fait don à la Colombie : 123 de ses œuvres mais aussi 85 autres, d’artistes comme Renoir, Bonnard, Picasso, Beckmann, Chagall, Dalí ou Miró, parmi les plus célèbres.

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Galerie Buchholtz, Munich ; Collection particulière, Allemagne. en lire plus >>

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