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Charles Lapicque

Destroyers en manœuvre

Ref. XR319

Prix de vente 114000 EUR




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Année 1952

Catégorie Peinture

Technique Huile sur toile

Hauteur x Largeur (cm) 146 x 114

Signature Signé en bas à droite

Catalogue LAPICQUE Charles, Catalogue raisonné de l'œuvre peint et de la sculpture : Bernard BALANCI, 1972 / n° 245.

Zone géographique Europe

Certificat MÉTAYER, Marc.

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Né en 1898 à Theizé (Rhône) dans une famille pratiquant aussi bien les arts que les sciences, Charles Lapicque ne déroge pas à la règle : doué pour la musique et le dessin, il est diplômé de l'École Centrale en 1921, travaille comme ingénieur jusqu’en 1928 avant d’intégrer en 1931 un laboratoire à la Faculté des Sciences de Paris, où il mène des recherches sur la perception des couleurs, couronnées par le titre de Docteur ès Sciences Physiques en 1938. Il étudie ainsi les réactions de l’œil face à une source lumineuse intense, à l’origine de la formation des images étoilées qu’il reprendra dans ses œuvres, et définit une théorie de l’échelonnement des couleurs dans l’espace qui renverse les règles de la Renaissance :
« J'avais montré que la règle classique, celle de Vinci, préconisant de placer les bleus dans le lointain, les rouges, orangés et jaunes au premier plan, est un contre-sens ; il est plus logique, plus favorable de faire l'inverse. » (in Le rouge et le bleu dans les arts, 1936)

C’est vers 1920 que Charles Lapicque commence à peindre en Bretagne où il passe chaque été depuis son enfance, d’abord sur le motif puis dans un atelier que son beau-père Jean Perrin, Prix Nobel de Physique, lui fait construire en 1927 ; il adopte alors définitivement le travail de mémoire, en accord avec l’art de la musique qu’il aime profondément et la philosophie bergsonienne de la connaissance : « À nous de donner de la réalité une apparence qu’elle n’a pas d’elle-même, une forme, une figure (…). »  

Sa production de jeunesse révèle d’emblée une grande originalité, oscillant entre la figuration et l’abstraction qui s’entremêlent parfois : à côté de peintures synthétistes par leur dessin simplifié et leurs couleurs posées en aplat, il conçoit un Hommage à Palestrina (1925), composé d’une grille dérivée du Cubisme, entièrement abstraite, relayée par un Christ aux Épines (1939), selon un principe qu’il développera après 1939, en adéquation avec ses découvertes optiques.
De fait, s’ouvre durant les années de guerre une période quasi abstraite, celle de l’ossature bleue serrée, appliquée sur des fonds allant du jaune au rouge et révélant un monde plus ou moins identifiable (Jeanne d’Arc traversant la Loire, 1940 ; série des Rencontres, 1943-1945).
Exposé dès 1929 par la galeriste Jeanne Bucher, Lapicque abandonne en 1943 sa carrière scientifique pour se consacrer entièrement à la peinture.

Il poursuit ses travaux qui aboutissent en 1946-1953 aux structures à ossature blanche ; leurs lignes beaucoup plus souples le mènent au système des entrelacs soit noirs soit blancs qui enserrent des plages de couleur pure posée le plus souvent en aplat (Le Sillon de Talbert, 1953). Avec La Bataille de Waterloo de 1949, Lapicque utilise encore l’optique -le zoom sur une zone donnée- pour représenter en peinture des espaces à perspectives multiples et aux temps décomposés.  

Cet intérêt nouveau pour la vivacité de la couleur se développe dans la période suivante que l’on peut qualifier de flamboyante ou de baroque (1954-1963) : illustrée notamment par les séries des lagunes bretonnes et des vues crépusculaires ou nocturnes de Venise aux lumières étoilées -que l’artiste qualifie lui-même de « sucreries osées »-, elle débute avec le prix Raoul Dufy de la Biennale de Venise, décerné en 1953 à l’artiste qui en profite pour laisser libre cours à sa passion de la Sérénissime jusqu’en juillet 1956.

Autre point commun avec son aîné : l’expression du mouvement. Amorcée dès 1949 dans La Bataille de Waterloo puis en 1952 avec Dimanche aux régates, elle devient une obsession à partir de 1964, dans l’exploration de nouveaux thèmes, tels les différents coups des tennismen saisis sur le vif (1965), les scènes mythologiques (Apollon et Dionysos, 1964) et les tempêtes marines (L’Homme à la mer, 1969).

Ces années étourdissantes précèdent la dernière période de l’artiste : l’âge venant, il découvre la sérénité, révélée par une peinture désormais à l’acrylique beaucoup plus apaisée à partir de 1969, qui confine même à une naïveté tout enfantine à la fin de sa vie (Printemps marin, 1987).

L’ensemble de son œuvre comprend une étonnante diversité de thèmes, nourris aussi par ses voyages (Rome en 1957, la Grèce en 1964, la Hollande en 1974…), avec une prédilection pour la mer, les rochers, les voiliers, la musique, le tennis, les chevaux, les fauves, mais aussi pour l’Histoire et la mythologie, comme en témoignent chevaliers, rois et dieux antiques.
Il déploie aussi, dans une liberté créatrice totale, une grande variété de styles et d’orientations. Après avoir été l’un des pionniers de l’art non figuratif, ouvrant ainsi la voie à des artistes comme Manessier, Bazaine, Vieira da Silva, De Staël, etc. -tenants de la nouvelle École de Paris non figurative de l’après-guerre-, Charles Lapicque revient alors à la figuration, dans une « interprétation nouvelle » de l’apparence, même s’il continue de côtoyer parfois l’abstraction.

« Le dessin court après la couleur et la couleur après le dessin. »
Héritier en cela des Fauves, Charles Lapicque joue comme eux sur les couleurs pures, dont les dissonances, associées à un dessin totalement libre et à une composition surchargée dans un espace multiple, font de lui un précurseur de la Nouvelle Figuration sous toutes ses formes : la Figuration Narrative née en France au début des années 1960, représentée notamment par Gérard Fromanger, Erró, Bernard Rancillac et Gérard Guyomard ; la Figuration Libre née au début des années 1980, marquée par Robert Combas, Hervé et Richard Di Rosa, Louis Jammes et François Boisrond, et qui, à son tour, a influencé le Bad Painting américain d’un Jean-Michel Basquiat ou d’un Keith Haring, volontairement négligé et expressionniste ; les « sujets classiques » de Lapicque ont pu nourrir la Peinture Cultivée, apparue aussi au début des années 1980 avec Jean-Michel Alberola, Patrice Giorda et Gérard Garouste, tandis que la violence de son coloris préfigure les Nouveaux Fauves allemands et autrichiens comme Georg Baselitz et A.R. Penck. Et paraît évidente aussi l’influence des entrelacs noirs de Lapicque sur les entités africaines de Jean-Michel Atlan, comme la voie ouverte par les ossatures blanches lapicquiennes au cycle de l’Hourloupe de Jean Dubuffet apparu en 1962.

Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans nombre de collections publiques françaises, notamment au Musée National d’Art Moderne de Paris et au Musée des Beaux-Arts de Dijon (donation Granville) mais aussi à Besançon, Grenoble et Nantes, ainsi qu’en Europe (Bruxelles, Copenhague, Essen, Munich, Stuttgart) et en Amérique du Nord (New-York, Ottawa, Toronto).

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Musée National d'Art Moderne de Paris, mai-juin 1967, n° 67 (reprod.). Oeuvres de 1921 à 1969, Musée de Brest, 17 juillet-22 septembre 1969, n° 24 (reprod.). Musée Toulouse-Lautrec, Albi, 1970 (reprod.). Rétrospective, Musée de la Poste, Paris, 16 avril-13 septembre 2008 (reprod. p. 42). en lire plus >>

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Collection Denis Lapicque (fils de l'artiste). en lire plus >>

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