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Alfred Manessier

Forteresse et Port à Oléron

Ref. MG169

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Année 1951

Catégorie Peinture

Technique Huile sur toile

Hauteur x Largeur (cm) 100 x 81

Signature Signé et daté

Zone géographique Europe

Certificat MANESSIER, Christine.

L'œuvre sera incluse dans le catalogue raisonné actuellement en préparation. en lire plus >>

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Alfred Manessier est né en 1911 à Saint-Ouen dans la Somme, d’un père comptable à l’usine à gaz d’Abbeville qui avait été formé en dessin à l’école des Beaux-Arts de la ville. Ce dernier parti à la guerre, l’enfant découvre émerveillé les beautés de la nature de Picardie avec son grand-père. Devenu interne au lycée d’Amiens à partir de 1921, il passe ses vacances dans la baie de Somme où il peint à l’âge de 13 ans ses premières aquarelles remarquées par Albert Matignon, peintre local, de sorte qu’il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts d’Amiens dès 1924. 

 

Reçu dans la section architecture à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en octobre 1930, Manessier fait néanmoins des copies des maîtres du Louvre, fasciné par la couleur et par le clair-obscur ou « lumière totale et intérieure » de Rembrandt, qu’il compare en cela à Van Gogh. Il fréquente aussi différentes académies libres de Montparnasse, expose dès 1934 au Salon des Indépendants et, après son service militaire, participe en 1937, sous la direction des époux Delaunay, aux décorations extérieures du Pavillon des Chemins de fer de l’Exposition internationale des Arts et Techniques de Paris.

 

Ayant définitivement choisi la carrière de peintre, Manessier devient parisien, épouse en 1938 Thérèse Simonet dont il sera toujours très proche et le couple s’installe en 1939 dans une maison au 203 rue de Vaugirard où il vivra pendant 33 ans. En 1940, rapidement démobilisé, il rejoint Thérèse réfugiée dans le Lot chez Roger Bissière qui avait été son professeur à l’Académie Ranson en 1935. Appelé par Bazaine pour participer à l’exposition du groupe Jeune France suscité par le gouvernement de Vichy, Manessier rentre à Paris, espérant ainsi reprendre son activité artistique. En mai 1941, il expose à la galerie Braun parmi Vingt Jeunes peintres de tradition française qui veulent braver l’interdiction nazie de promouvoir l’art dégénéré.

La dissolution de Jeune France en mars 1942 et une assurance-vie laissée par son père l’incitent à acquérir une modeste maison dans l’Orne.  

 

Depuis 1935 avec Les Dieux marins qu’il considère comme son œuvre fondatrice, sa peinture est marquée par les esthétiques cubiste (Braque) et surréaliste (Giorgio De Chirico, Max Ernst), laquelle apparaît pleinement dans Le Dernier Cheval de 1938. Devenu l’ami de Camille Bourniquel, Manessier par curiosité le suit en 1943 dans une retraite spirituelle à la trappe de Soligny ; il y découvre la foi, qui va s’avérer déterminante dans le développement de son art à venir : « Je suis entré dans l’Église pour être libre ». En ces années d’Occupation et de lutte pour la Libération, Manessier qui cache dans sa cave parisienne l’imprimerie d’un réseau de la Résistance, se met alors en quête de sa liberté intérieure ; elle va se réaliser dans l’abandon presque constant de la figuration pour une peinture abstraite foncièrement spirituelle, dont l’harmonie des accords colorés veut exprimer son espérance dans la victoire sur les forces du mal. 

 

Depuis quelques prémices discrètes au milieu des années 1930, l’art sacré se voit ainsi à nouveau revivifié par l’art abstrait d’un Manessier encore peu connu, grâce à la commande du diocèse de Besançon de deux vitraux destinés à l’église Sainte-Agathe des Bréseux (Doubs), Paysage bleu et Paysage doré, posés en 1948. L’art du vitrail va prendre une place importante dans la vie de l’artiste -utilisant dans les monuments modernes la technique de la dalle de verre (ex. : chapelle Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus-et-de-la-Sainte-Face de Hem dans le Nord, 1957) et, dans les anciens, verre et plomb traditionnels (ex. : églises de Tous-les-Saints à Bâle et de Saint-Pierre-de-Trinquetaille à Arles, 1952)- au point qu’il fondera en 1976 l’Association pour la Défense des Vitraux de France avec d’autres grands noms de l’art. Après nombre de créations pour des édifices religieux en Allemagne, en Suisse ou en France, Manessier atteindra son apogée dans la discipline avec les verrières de l’église du Saint-Sépulcre d’Abbeville inaugurées en 1993, année-même de sa mort. 

Outre ces vitraux, il reçoit en 1948 commande d’une tapisserie pour l’oratoire des Dominicains du Saulchoir, Le Christ à la colonne (aujourd’hui au couvent des Dominicains de Lille) et produira dans cette technique des œuvres monumentales jusqu’en 1984, toujours en collaboration avec les tisserands Plasse Le Caisne.

 

Dès 1944, la toile des Pèlerins d’Emmaüs révèle une foi chrétienne désormais réconciliée avec l’art d’avant-garde, même s’il est encore d’une figuration stylisée qui par la suite ne se manifestera plus que sous forme de symboles aisément identifiables, tels croix, épines et cercles (La Couronne d’épines, 1950).  

 

Dans les années 1950, les thèmes proprement religieux sont prépondérants dans son œuvre, notamment dans la série de grands formats des Passions, titre qu’il appliquera plus tard aussi bien à des toiles évoquant des événements tragiques contemporains comme la guerre d’Algérie. 

Car à partir de l’Insurrection de Budapest de novembre 1956, Manessier produit nombre de toiles pour dénoncer les violences du monde, dans un engagement à la fois politique et chrétien : après les Requiems, il poursuivra la série des peintures de grand format aux diagonales et aux couleurs violentes signifiant le drame, telles que l’Hommage à Martin Luther King (1968), Viêt Nam Viêt Nam (1972), Pour la mère d'un condamné à mort (1975) évoquant l’exécution de l’anarchiste Puig i Antich par le régime franquiste en 1974 ; il dénonce encore l’injustice et la misère du monde dans une série de six toiles de même format, Favellas (1979-1983), dont la seconde est en même temps un Hommage à Dom Hélder Câmara, surnommé au Brésil l’« évêque des bidonvilles ».

 

Cette série atteste aussi le goût de Manessier pour les voyages qu’il multipliera tout au long de sa vie, à la recherche d’horizons nouveaux ou familiers. Car la nature et la lumière ne cesseront de lui inspirer des peintures de paysages, où l’on perçoit, là encore, son mysticisme :

« Je ne crois pas à la peinture religieuse. C'est l'homme qui doit être religieux. J'établis une différence entre le sujet et l'objet. Ainsi, dans Corot, il y a un éclairage chrétien, et c'est pour moi bien plus valable que toutes les peintures sur des thèmes religieux qui manquent de cette lumière de Corot. » (1951)

Amoureux depuis l’enfance des paysages du Nord, il peint plusieurs séries consacrées à la baie de Somme (1949, 1954) (ex. : Port du Crotoy au petit jour), aux Flandres (1949-1951), aux côtes de la Manche et de la mer du Nord (Morte-eau, 1954), à la Hollande (1955 et 1956) qui suscite un style aux couleurs claires et gaies, non sans lien avec celui de Paul Klee (Fête en Zeeland, 1956). 

Mais en 1959 et 1963, il découvre la luminosité et l’aridité du Sud en Haute-Provence et en Espagne, qui lui inspirent un style nouveau, s’émancipant de la trame cubiste par le biais de diagonales qui ouvrent la composition. S’il voyage jusqu’au Canada en 1967, il n’en oublie pas pour autant sa région natale qu’il célèbre encore par des œuvres majeures en 1979 (Les Hortillons au printemps) et en 1983 (Nuit d’hiver dans les marais picards).

 

Au fil du temps, le tissu maillé de cernes noirs épais de la peinture s’élargit dans un mouvement de diagonales, avant de faire place finalement à un espace morcelé à la manière d’un vitrail. 

Dès le début, la peinture de Manessier associe le clair-obscur à la couleur qui se pare ainsi de toutes les nuances, vision intériorisée de la nature mais aussi reflet du combat spirituel de l’homme et des mystères de la vie.  

  

Créateur d’un nouveau langage pictural abstrait au sein de l’École de Paris de l’après-guerre, Manessier connaît le succès à partir des années 1960. Couronné par plusieurs prix internationaux dont le Grand Prix de Peinture à la Biennale de Venise en 1962, il est aujourd’hui bien représenté dans les musées français (notamment le Centre Pompidou à Paris, le Musée Unterlinden de Colmar et le Musée des Beaux-Arts de Dijon) et étrangers (Berlin, Hambourg, Cologne, Brême, Essen, Düsseldorf), ainsi que dans les collections particulières.

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Collection particulière, Europe. en lire plus >>

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