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Marc Chagall

Cantique des Cantiques

Ref. LP987

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Année 1958

Catégorie Œuvre sur papier

Technique Lavis à l'encre, encre de Chine et crayon

Hauteur x Largeur (cm) 35,5 x 26,8

Signature Cachet

Zone géographique Europe

Certificat COMITÉ MARC CHAGALL (Jean-Louis PRAT), en date du 21 novembre 2013.

Cette œuvre est une étude préparatoire pour la Planche 71 de la publication de la Bible Verve en 1960. Cette image correspond parfaitement à la partie en bas à droite de la toile n° 1 de la série du Cantique des Cantiques, conservée au Musée du Message biblique, à Nice. Lire le focus de Martine Heudron sur le blog d'ARTVIATIC "NEWS OF THE ARTWORLD" : http://www.newsoftheartworld.com/chagall-vision-revee-lamour. en lire plus >>

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« Tout peut changer dans notre monde démoralisé, à l'exception du cœur, de l'amour de l'homme et de son aspiration à connaître le divin. La peinture comme toute poésie, participe au divin (…). » ; « J’ai choisi la peinture, elle m’était aussi indispensable que la nourriture; elle me paraissait comme une fenêtre à travers laquelle je m’envolerais vers un autre monde (…). »

Marc Chagall résume ainsi les enjeux de son art pictural qui ne cesseront de le porter, en dépit des obstacles et des épreuves, au cours de sa longue carrière. Il n’hésitera pas en effet à progresser à contre-courant, s’il doit enfreindre la loi prohibant la fabrication d’images en vigueur dans le shtetl russe de son enfance, qui pourtant va imprégner l’ensemble de son art, ou s’il doit lutter pour conserver sa liberté face à la toute-puissance des courants modernistes.

Né en 1887 à Vitebsk, petite ville biélorusse de l’empire tsariste, il étudie à Saint-Pétersbourg auprès de Léon Bakst avant de se rendre à Paris, capitale de la modernité artistique. Installé à la Ruche en 1912, au milieu des peintres et écrivains d’avant-garde comme Cendrars et Apollinaire, Léger et Delaunay, le jeune Chagall découvre tout à la fois le Fauvisme, le Cubisme de première et seconde génération. Mais il révèle d’emblée un art très personnel marqué par une « fantaisie » inédite et qualifié de « surnaturel » par Apollinaire : ces images sont bien souvent la transposition littérale d’expressions yiddish, comme le personnage la tête à l’envers ou détachée du corps pour figurer un homme aviné ; de même, il reprendra la symbolique yiddish liée aux animaux familiers de son enfance (amour ou inconstance associée au coq, tendresse et compassion à la chèvre nourricière, innocence au veau…). Mais loin l’idée d’une représentation de contes de fées : il s’agit pour lui de montrer la réalité de son monde intérieur.

Néo-primitiviste natif par ses origines, Chagall est en accord avec les modernes parisiens pour rejeter les conventions formelles académiques : il restera fidèle à une esthétique « puérile », capable de révéler l’essence des choses, qu’il puise aussi bien dans l’art de l’icône byzantine, avec ses figures disproportionnées, que dans l’imagerie populaire des loubki (bandes dessinées) assemblant de petites scènes hétérogènes.

Prenant conscience de la composante onirique de son art, Chagall se montre plus réticent à adopter des nouveautés simplement formelles.

Parti en mai 1914 à Berlin pour sa première exposition personnelle, puis en Russie auprès de sa fiancée Bella, il se retrouve coincé par la guerre. Tandis que la Révolution de 1917 lui offre un poste officiel, sa peinture décrit minutieusement la vie du shtetl et développe parallèlement une surréalité habitée de personnages familiers prenant leur envol, tel le Juif errant ou le couple d’amoureux, reflet de son bonheur conjugal.

Fort du statut enfin égalitaire accordé aux Juifs, Chagall crée une École populaire d’art où il invite à enseigner les tenants de l’avant-garde, comme Malevitch, fondateur du Suprématisme en 1915. Mais l’abstraction est l’art d’un monde sans Dieu selon Chagall, qui peint justement en 1917 L’Apparition sur le modèle de l’Annonciation chrétienne pour signifier la mission de messager divin de l’artiste.

Installé à Moscou en 1920 et déçu par le pouvoir qui impose désormais le réalisme socialiste en art, Chagall réalise, à l’occasion d’une commande pour le Théâtre Juif, un décor inspiré de tous les styles modernes sans renoncer à la figuration, érigé comme manifeste d’un monde nouveau fondé sur l’Amour dont il serait lui-même l’apôtre.

L’arrivée de Staline au pouvoir et l’invitation du marchand Vollard décident l’artiste à revenir à Paris en septembre 1923. Voulant s’enraciner dans sa patrie d’adoption, le nouvel immigré sillonne la France et se tourne vers le genre du paysage, à la faveur de l’esthétique plus naturaliste du « retour à l’ordre », tandis que Vollard lui passe commande pour l’illustration de livres : c’est l’occasion pour Chagall de réinvestir et d’enrichir son univers propre, inspiré du monde hassidique de Vitebsk -êtres hybrides, saltimbanques-, et d’ajouter à sa panoplie stylistique la technique de pulvérisation du pigment.

La dimension fantastique et onirique de son art incite les Surréalistes à l’inviter dès 1924 à rallier leur mouvement. Il refuse car il ne recherche pas l’automatisme mais la maîtrise de son imagination, comme le suggèrent ses nombreux autoportraits inclus dans ses toiles. André Breton citera cependant Le Temps n’a point de rives (1930-1939) (poisson ailé et pendule volant dans les airs) dans son essai Le Surréalisme et la Peinture (1941), admirant cet art qui mêle narratif et symbolique, même si le peintre se défend d’être « littéraire ». Breton n’est pas en mesure de saisir à quel point la peinture de Chagall est habitée par la mystique hassidique qui considère sur un même plan ciel et terre dans le but de retrouver l’unité perdue depuis la Chute d’Adam. Cela incite le peintre à mêler fini et infini, proche et cosmique, Éternité et Histoire : « Dieu, Toi qui te dissimules dans les nuages ou derrière la maison du cordonnier. » Il met aussi en images sa vie personnelle (vécu, rêves, sentiments et foi), qui plus d’une fois rejoint la grande histoire.

Au début des années 1930, un voyage en Palestine et la commande par Vollard d’une illustration de la Bible, qui demeurera une source d’inspiration majeure, coïncide bientôt avec la montée des périls, notamment pour le peuple juif. Avec Picasso, Chagall est le seul artiste d’avant-garde à impliquer son art dans la dénonciation de ces horreurs : après La Révolution (1937) qui traduit l’aspiration universelle des peuples, il insère dans des images de pogroms la figure du Christ en croix (série inaugurée par La Crucifixion blanche, 1938), devenu le symbole de la souffrance de tout un peuple.

Bien que naturalisé Français, il est arrêté mais finit par fuir avec sa famille à New York en 1941. Ses œuvres, avec le grand cerne noir des figures et les fonds sombres ou rouge sang, continuent d’évoquer la tragédie européenne, où se manifeste cependant la petite lumière d’un chandelier ou de la lampe du foyer familial, symbole de l’espoir indéfectible en l’amour divin et humain, qui triomphe dans son triptyque Résistance, Résurrection, Libération.

En 1942, le Ballet Theatre of New York lui commande décors et costumes pour Aleko sur une musique de Rachmaninov et c’est l’occasion de renouer avec la couleur, à la faveur de la découverte des « rouges profonds du Mexique » où le spectacle est rodé. Mais cela ne se fera que progressivement : la mort brutale de son épouse en 1944 et les nouvelles de la guerre en Russie ne seront compensées que par la rencontre avec Virginia qui lui donne un fils en 1946.

En 1948, Chagall revient à Paris, qu’il cherche bientôt à se réapproprier par une série de paysages lumineux et intensément colorés. Mais en 1950 il part dans le Midi près de Nice, avant de s’installer en 1966 à Saint-Paul-de-Vence où il découvre l’art céramique puis la mosaïque, la tapisserie et le vitrail, qu’il développera désormais parallèlement à la peinture, à l’occasion de commandes privées ou publiques. Quitté par Virginia, Chagall renoue avec le bonheur auprès de la jeune Russe Valentina. Harmonie et sens de la lumière nouveaux habitent son art : les fonds sont riches en nuances et la touche vibrante de la couleur finit par dissoudre le dessin jusqu’alors prédominant, créer à elle seule la perspective ou les jeux d’ombre et de lumière.

Hormis les thèmes dévolus à la décoration de salles de spectacles comme l’Opéra de Paris ou le Lincoln Center à New York, Chagall s’inspire essentiellement de la Bible. Dès 1955, il se consacre à son Message biblique, pour lequel il souhaite bâtir un édifice spécifique car « ces tableaux ne représentent pas le rêve d’un seul peuple mais celui de l’humanité » : le musée ouvrira en 1973. Avec l’accord du rabbinat, il répond à la commande du père Couturier pour décorer le baptistère de Notre-Dame-de-Toute-Grâce au plateau d’Assy. Dès lors, toutes ses créations monumentales, civiles ou religieuses, témoigneront de l’universalité de son art et des valeurs spirituelles de « fraternité et d’amour » qu’il véhicule.

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Marc Chagall, Die Bibel : Gouachen, Aquarelle, Pastelle and Zeichunggen, Bundeskanzleramt Bonn (Chancellerie fédérale),15 novembre 1989-12 janvier 1990, Landesmuseum Mainz (Musée du Land), 4 février-22 avril 1990. en lire plus >>

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P. Von Zaberon, Marc Chagall, Die Bibel: Gouachen, Aquarelle, Pastelle und Zeichunggen, 1989, n° 13, p. 38 (reprod. coul.). en lire plus >>

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Collection David McNeil, fils de l'artiste ; Collection particulière, Suisse (acquis du précédent en 1986). en lire plus >>

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