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Ernst Ludwig Kirchner

Nude with cat

Ref. GQ141

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Année 1929

Catégorie Œuvre sur papier

Technique Stylo, lavis à l'encre de Chine sur papier

Hauteur x Largeur (cm) 49 x 36

Signature Cachet

Zone géographique Europe

Au verso : cachet et numéro de la Succession "F Da/Bg 67", ainsi que les indications "K 4175" et "C 2268". Rajouter une taxe d'importation de 7 % au prix affiché. en lire plus >>

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Ernst Ludwig Kirchner naît en 1880 en Bavière à Aschaffenburg, ville réputée pour ses papeteries où son père travaille alors comme ingénieur-chimiste. Se soumettant à la volonté de ses parents, le jeune homme entre en 1901 à l’École technique supérieure de Dresde mais, encouragé par son condisciple Fritz Bleyl, il va s’échapper à Munich pendant six mois pour fréquenter un atelier d’arts appliqués. Il obtient son diplôme d’ingénieur-architecte en 1905, année où les amis de la première heure, auxquels se sont associés deux autres élèves, Erich Heckel et Karl Schmidt-Rottluff, fondent à Dresde le groupe Die Brücke (« Le Pont »), selon l’expression de Nietzsche signifiant que l’homme fait le lien entre le passé et le présent.

 

De fait, ils revendiquent l’héritage des maîtres anciens allemands comme Cranach ou Dürer -ce dernier étant même à l’origine de la vocation artistique de Kirchner-, tout en prônant une rupture violente avec les traditions artistiques académiques, liées aux hypocrisies d’une société dénaturée par le formalisme.

S’il affiche les mêmes audaces formelles que le Fauvisme -couleurs exacerbées et dessin simplifié-, le groupe publie en 1906 un manifeste rédigé par Kirchner, révélateur d’une détermination à enfreindre les codes sociaux : «  Nous voulons créer une liberté de vie et de mouvement par rapport aux forces anciennes bien ancrées », « attirer toutes les forces révolutionnaires » [et donner à l’artiste] « la liberté dans ses œuvres et dans sa vie ». Il s’agit de laisser libre cours aux sensations immédiates ou aux émotions, cette subjectivité marquée par un sentiment de révolte et de souffrance ne pouvant s’exprimer avec intensité au niveau plastique que par une stylisation allant jusqu’à la distorsion et la déformation, voire la laideur : c’est la naissance du premier Expressionnisme allemand, soucieux de refonder l’art national, dont Kirchner s’avère le théoricien et, toute sa vie durant, le représentant le plus radicalement engagé.

 

À la recherche d’une expression brute et d’un dessin sommaire, l’artiste s’intéresse à la gravure sur bois, technique utilisée pour écrire son manifeste et qu’il approfondira encore par le contact avec les arts primitifs d’Afrique et d’Océanie, grâce à la réouverture du Musée Ethnographique de Dresde en 1912. Mais il est aussi électrisé par l’art de Van Gogh, découvert dans une exposition à Dresde, qui sans doute ne cessera de l’imprégner. D’autant plus que Kirchner ressent, comme son aîné, une grande fragilité nerveuse et une difficulté à vivre, voire une profonde angoisse qui le conduira aussi au suicide. Et de même que le Hollandais, Kirchner travaille avec frénésie et s’investit totalement dans son art qu’il qualifie de « confession ardente ». Mais l’Allemand recherche la solitude, n’ayant même jamais rendu visite à l’avant-garde parisienne -il lit cependant toutes les revues d’art- et se veut « un génie maniaque ». Poussé par un orgueil démesuré, il va dès 1919 jusqu’à antidater ses toiles, afin de passer pour un précurseur.

Les premières années, celles du mouvement Die Brücke de 1905 à 1911, sont pourtant marquées par une vie communautaire pratiquant l’amour libre, notamment durant les étés passés au bord des lacs de Moritzburg près de Dresde ou sur l’île de Fehmarn en mer Baltique à partir de 1908. Chez Kirchner, le thème du nu dans la nature est presque obsessionnel pendant cette période (Baigneurs à Moritzbourg), nourri par sa rencontre avec Doris Grosse qui devient son modèle privilégié et son amante et par le défilé de jolies jeunes filles dans son atelier de Dresde, devenu « le temple du plaisir » (ex. : Dodo au grand éventail, 1910). Une forte sensualité imprègne sa peinture, aux formes très simplifiées cernées de lignes épaisses, aux couleurs pures violemment contrastées et posées en aplat. Recherchant spontanéité et simplicité, il opte pour un dessin « rapide » et ne fait pas poser longtemps les femmes qui croisent son chemin. Mais il produit alors quantité de dessins, toiles et gravures, tout en s’initiant à la sculpture sur bois et à la photographie.

Installé à Berlin en 1911, Kirchner y rencontre dès l’année suivante une danseuse de cabaret, Erna Schilling qui devient son modèle et restera sa compagne jusqu’à sa mort. Observant -toujours avec recul- la vie diurne et nocturne des habitants de la mégapole berlinoise, Kirchner se met à peindre des vues de la ville dans lesquelles il fausse ou démultiplie les perspectives (ex. : La Porte de Brandebourg, 1915) mais aussi des scènes de rue vues au zoom, où évoluent notamment élégantes et hommes du monde stylisés avec une ironie grinçante : le « laid » devient ainsi le moyen de se livrer à une critique sociale féroce (ex. : Rue de Berlin, 1913). Cette série est commencée en 1913, année où Kirchner rédige une Chronik der Brücke qui provoque l’éclatement du groupe, pour avoir falsifié l’histoire du mouvement en sa faveur.

Jusqu’en 1914, Kirchner éprouve souvent le besoin de s’échapper de l’agitation urbaine artificielle en retournant souvent dans l’île de Fehmarn, petit paradis sur terre : ses toiles montrent des baigneurs nus s’ébattant en toute liberté dans la nature qui les enveloppe -mer, végétation, nuages-, de sorte qu’ils sont partie prenante de l’ordre cosmique. Dessin et couleurs assagis révèlent alors un certain apaisement (ex. : Baigneurs à la plage (Fehmarn), 1913).

L’artiste est cependant vite rattrapé par ses angoisses : après s’être engagé « involontairement »  selon lui dans l’armée en 1914, il est réformé en 1915 au bout de deux mois de service militaire, pour cause de maladie pulmonaire mais surtout d’état dépressif associé à l’abus d’alcool et de drogue, dû notamment à son incapacité à supporter la discipline militaire. S’ensuivent séjours en hôpital psychiatrique et en sanatorium jusqu’à son entrée en 1918 dans celui de Davos en Suisse.

Là, va s’opérer un tournant fondamental dans sa vie et dans son art. Aux nombreux autoportraits de 1915 comme tentatives d’exorciser ses souffrances psychiques, tel l’Autoportrait en soldat à la main coupée pour dénoncer autant l’horreur de la guerre que son manque d’équilibre mental, succèdent à Davos des thèmes encore inédits associés à un style nouveau. Immergé dans la nature, Kirchner se met à peindre en grand nombre paysages de montagne et scènes de la vie rurale, dans un traitement presque enfantin, où le caractère violent fait place à un sentiment plus apaisé, rendu par un dessin de plus en plus simplifié et de grands aplats de couleurs franches juxtaposés (ex. : Davos sous la neige, 1923).   

En 1923, il s’installe à Frauenkirch-Wilboden, près de Davos, dans une maison de ferme. Devenu le mentor d’un groupe de peintres suisses, il ne rompt pas pour autant les liens avec le reste du monde. Son Allemagne natale, où il se rend en 1925-1926, lui témoigne une reconnaissance certaine : une monographie est alors publiée, il participe à la Biennale de Venise en 1928 et devient membre de l’Académie des Arts de Prusse en 1931. Toujours au fait de l’actualité artistique internationale, il s’intéresse particulièrement à Pablo Picasso et Fernand Léger, sans compter sa rencontre avec le Suisse Paul Klee en 1934 : autant d’influences que l’on peut discerner çà et là dans ses figures humaines souvent dansantes, aux visages traités comme des masques et aux formes plates stylisées à l’extrême (ex. : Couple très amoureux (M. et Mme Hembus), 1930), où la couleur peut s’échapper de la ligne sur un mode décoratif (Nus orange et jaune, 1929-1930).

Mais en 1937 le régime hitlérien taxe son œuvre d’« art dégénéré » : plus de 600 pièces réparties dans les musées publics d’Allemagne (à noter que Kirchner avait été l’un des rares à y être représentés dès les années 1920) sont confisquées, puis vendues ou détruites. L’âme profondément allemande d’un Kirchner éloigné du pays croit d’abord à une méprise mais il est bientôt traumatisé par cette insulte à l’art moderne et ravagé par la peur : lorsque l’annexion de l’Autriche propulse les Nazis à quelques kilomètres de chez lui dans les Grisons, Kirchner se tire deux balles dans le cœur le 15 juillet 1938.

Depuis 1992, la commune de Davos abrite le Kirchner Museum.

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Succession E.L. Kirchner, Kunstmuseum de Bâle (Suisse). en lire plus >>

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