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Alexej Von Jawlensky

Grosse Meditation (Large Meditation)

Ref. MG384

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Année 1936

Catégorie Peinture

Technique Huile sur papier collé sur carton

Hauteur x Largeur (cm) 24,5 x 17,5

Signature Non Signé

Catalogue JAWLENSKY Alexej von, catalogue raisonné of the oil paintings, vol. 3 (1934-1937) : Maria JAWLENSKY, Lucia PIERONI-JAWLENSKY et Angelica JAWLENSKY, 1993 / n° 2041, p. 295 (reprod. n/b).

Zone géographique Europe

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Né à Torjok en Russie blanche en 1864, Alexej von Jawlensky est fils d’un colonel de l’armée impériale issu de la petite noblesse. La mort de son père en 1872 lui impose d’autant plus d’embrasser la carrière militaire et c’est lors de son séjour à l’École des Cadets de Moscou qu’il découvre en 1880 à l’occasion d’une exposition la peinture, qui le touche aussitôt profondément et détermine son existence à venir ; il visite régulièrement les expositions de la galerie Tretyakov, fréquente le monde de l’art et se met à peindre, tout en devenant officier. Il se lie avec Ilya Répine, le grand peintre russe de l’époque (auteur du portrait de Moussorgski), chez qui il rencontre la peintre Marianne von Werefkin qui devient sa compagne et lui fait connaître Helen Neznakomova. Ils vivront tous les trois sous le même toit jusqu’en 1921, année où Werefkin les quitte. Jawlensky épouse alors en 1922 Helen, dont il a eu un fils Andrej en 1902.  

Ayant obtenu son transfert à Saint-Pétersbourg, il suit les cours de l’Académie impériale des Beaux-Arts, avant de renoncer à l’armée pour s’installer à Munich avec Marianne et Helen en 1896. Tandis que Marianne organise des salons réunissant intellectuels et artistes, Jawlensky continue jusqu’en 1899 sa formation à la prestigieuse École de peinture d’Anton Azbé où il rencontre Kandinsky. 

 

La peinture de Jawlensky est issue du réalisme jusqu’à ce qu’il fasse des séjours en France à partir de 1905. Il peint à Carantec en Bretagne des paysages dans un style pointilliste et découvre à Paris Van Gogh et Gauguin qui vont jouer un rôle important dans son développement artistique ; c’est aussi le cas de Matisse, qu’il rencontre au Salon d’automne de 1905 où il expose dans la section russe, au moment-même où éclate le scandale Fauve. Durant l’hiver 1906, Jawlensky se lie avec le hollandais Willibrod Verkade, disciple de Gauguin et Nabi devenu moine, qui le familiarise avec l’art synthétique (à l’origine du Fauvisme sur le plan formel) aux couleurs posées en aplats et aux formes cernées, destiné à traduire une vision intériorisée.

 

C’est une époque d’effervescence pour les artistes allemands qui s’organisent alors en différents mouvements d’avant-garde. Avec Kandinsky et Werefkin notamment, Jawlensky fonde en 1909 la NKVM (Neue Künstlervereinigung München), « Nouvelle Association des artistes munichois » : il s’agit de créer un art de synthèse, où la représentation du monde n’est plus objectivée mais transcendée par la vie intérieure et la spiritualité. Depuis 1908, travaillant l’été à Murnau, au pied des Alpes bavaroises, où Gabriele Münter et Kandinsky ont acheté une maison, Jawlensky découvre une expression originale, s’inspirant des mises en page simples du Jugendstil (Art Nouveau allemand), d’éléments matissiens « postfauves » et des simplifications stylistiques des peintures populaires sous verre de Bavière. 

 

« Je savais que je devais peindre non pas ce que je voyais mais simplement ce que j’avais en moi, dans mon âme (…). Au lieu d’un cœur, j’avais le sentiment d’avoir un orgue que je devais faire résonner. Et la nature que j’avais sous les yeux m’y a encouragé. »

 

« L’artiste doit exprimer sa face divine à travers l’art, les formes et les couleurs. Par conséquent, une œuvre d’art est l’incarnation physique de Dieu et l’art ‘un désir de voir Dieu’. »

 

Le groupe est dissous en décembre 1911 mais vite remplacé par le Blaue Reiter (Le Cavalier Bleu), mouvement créé par Kandinsky notamment, qui sera déterminant dans l’émergence de l’Expressionnisme allemand en allant plus loin encore dans les formes simplifiées et les couleurs vives sans lien avec le réel. Jawlensky semble aussi influencé par l’art de l’icône lorsqu’il produit des œuvres marquées par l’hiératisme des figures et l’emploi du cerne. 

La Première Guerre mondiale met fin au Blaue Reiter et Jawlensky se réfugie avec Werefkin et Helen à Saint-Prex, en Suisse où il demeurera jusqu’en 1921. Il s’installe à sa fenêtre et peint une série de petites Variations sur un thème de paysage, dont le dépouillement mène à une expérience beaucoup plus abstraite :

« Quelque chose en moi m’empêche de peindre des tableaux colorés et sensuels. La souffrance a altéré mon âme et me dicte de trouver de nouvelles formes et de nouvelles couleurs pour exprimer ce qui me pèse. »

 

Son isolement est rompu lorsqu’il va à Zurich, plaque tournante des artistes et intellectuels européens ayant fui la guerre. Là, il fait la connaissance de Marie Laurencin et des sculpteurs Wilhelm Lehmbruck et Jean Arp mais aussi d’Emmy Scheyer dite Galka, qui deviendra son principal mécène et impresario.   

En 1918, installé à Ascona où il rencontre le sculpteur Archipenko et le poète Rainer Maria Rilke, Jawlensky continue dans la même voie mais en se consacrant désormais à la figure humaine et plus particulièrement au visage : il commence les séries éminemment porteuses de spiritualité que sont les Têtes Mystiques, les Visions du Christ et les Têtes Abstraites

 

De retour en Allemagne en 1921, il se fixe définitivement à Wiesbaden et se fera naturaliser allemand en 1930. Toujours à la recherche d’un art plus spirituel, Jawlensky se concentre essentiellement sur une longue suite de Méditations d’inspiration biblique, tandis que l’arthrose dont il souffre depuis 1927 ne cesse de progresser jusqu’à l’incapacité de peindre et la paralysie totale en 1938 :

« Mes tout derniers travaux sont en petit format mais mes peintures sont devenues bien plus profondes et spirituelles par le biais de la couleur. Sentant qu’avec la maladie je serais incapable de peindre encore longtemps, j’ai travaillé tel un forcené sur mes petites ‘Méditations’. À présent, je lègue ces petites -bien qu’importantes- productions à l’avenir et aux amateurs d’art. » 

Fruits d’oraisons intenses, ces œuvres mystiques ne montrent aucun recours à la nature : si l’on reconnaît d’abord des visages aux yeux clos d’une stylisation géométrique épurée, ils évoluent peu à peu vers une schématisation extrême, où un trait noir épais dessinant une croix enserre des zones aux couleurs sourdes appliquées en hachures verticales. 

 

Lorsque Jawlensky voit son travail taxé par les Nazis d’art dégénéré, il leur écrit pour les convaincre de le laisser exposer ses œuvres, en affirmant la force de son lien avec la tradition artistique religieuse de son pays d’origine, la Russie.

 

Jawlensky ne tombera pas dans l’oubli : tandis que Lisa Kümmel va l’aider à cataloguer son œuvre pendant les dernières années de sa vie, Emmy Scheyer fait don de sa collection de 150 pièces au Pasadena Art Institute devenu le Norton Art Museum. L’artiste est aujourd’hui représenté dans la plupart des musées allemands, notamment à Wiesbaden et Wuppertal (Von der Heydt Museum) ainsi qu’au Centre Pompidou.

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"Marianne Werefkin, Colours of a travelling soul", Artrust, Melano (Suisse), 10 octobre-10 décembre 2016, s.n., p. 87 (reprod. coul.). en lire plus >>

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Vente Christie's Düsseldorf, 20 juin 1973, n° 38 (reprod.). en lire plus >>

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Collection particulière, Suisse. en lire plus >>

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