Imposer une notoriété dans un contexte où l’Allemagne compte déjà trois foires importantes, relève d’un défi, qu’amorce avec vélocité Art Düsseldorf.
Soutenu par MCH Group, la société organisatrice d’Art Basel, Art Düsseldorf revendique son titre dans la riche Rhénanie, traditionnellement à la base de la plus ancienne foire au monde, Art Cologne. Certes, le terrain rhénan est gage de fécondité pour les galeries : un réseau de collectionneurs chevronnés, des fonds monétaires fortement engagés. C’est donc en toute logique que la nouvelle foire attire 270 inscrits pour 80 participants à la réputation internationale. Parmi eux, une majorité de galeries d’Amérique, d’Autriche, d’Israël, du Japon, de Turquie, la galerie David Zwirner et Marlborough Contemporary de New York, avec une présence relative de galeries locales, dont Hans Mayer, Thomas Rehbe, Michael Werner.

À la tête d’Art Düsseldorf, Walter Gehlen envisage la foire comme une plateforme parallèle pour ces participants déjà représentés dans de nombreuses expositions internationales. Mais la rivalité locale émet des soupçons sur une éventuelle dichotomie entre les deux épicentres culturels de la scène artistique rhénane. Le patron d’Art Cologne, Daniel Hug, avait même accusé le MCH de « colonialisme ». Mais Gehlen a rétorqué : « La colonisation est un processus qui implique l’oppression, l’exploitation et la menace. Nos exposants sont très heureux de venir volontairement parce qu’ils sont convaincus par le concept d’Art Düsseldorf ». Le patron d’Art Basel, troisième protagoniste de cette controverse, surenchérit : « Chaque salon génère de nouveaux marchés et de nouveaux collectionneurs ». Même si la question reste légitime, à savoir si le marché de l’art allemand est en mesure d’attribuer une place de taille à chacun. Même si les questions subsistent, la controverse cesse où débute l’effervescence inaugurale de la foire et principalement lors de ses premières ventes.

Considérer la foire comme un ajout complémentaire et non plus comme un facteur concurrentiel, en vue de leurs natures complètement différentes, telle serait la posture requise par bon nombre de galeries. À titre indicatif, la galerie Daniel Templon, basée à Paris et à Bruxelles, compte à son actif plusieurs œuvres vendues dès les premières heures, dont une photo de Gregory Crewdson pour 68 000 $ et trois œuvres de l’artiste japonais Chiharu Shiota de 30 000 à 50 000 $.
« Une version élégante et plus petite de Cologne », qualifierait, selon le collectionneur belge Alain Servais, cette foire à « la forte saveur rhénane ».

 

 

 

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