« La perfection du dessin (clef de l’expression picturale) vous est si familière que vous voyez dans la représentation du corps humain la fin de l’art, c’est-à-dire dans ce qu’il a de particulièrement inaccessible », écrivait le dramaturge Pierre l’Arétin au sujet du « divin » Michel-Ange.

En déployant près de cent cinquante dessins, le Metropolitan Museum de New-York appréhende la virtuosité graphique du maestro de la Renaissance (1475-1564).

Michel-Ange : Divin dessinateur et designer présente également les deux autres arts que pratiquait l’artiste : trois sculptures en marbre, ses premières peintures, une maquette en bois pour la voûte d’une chapelle, ainsi qu’un florilège d’œuvres d’autres artistes, mais aussi une série complète de dessins et une monumentale esquisse, pour sa dernière fresque au Vatican. Des éléments de prêt issus de collections publiques et privées.

Sous l’influence d’une conception néoplatonicienne, l’art et le dessin sont pour lui au service de l’idée, tandis que l’âme est assujettie au corps (ce carcer terreno). Le corps chez Michel-Ange ne cesse de lutter contre la matérialité pour s’en délivrer et retrouver le ciel des idées. En s’approchant d’une « copie de la perfection de Dieu et un souvenir de la peinture divine » (explique le miniaturiste portugais Francisco da Hollanda dans ses Dialogues avec Michel-Ange), le maître de la Renaissance vise la difficulté de la perfection où le corps distordu s’approche de la théologie plutôt que de l’anatomie. « Chez lui l’anatomie devient musique. Chez lui le corps humain est un matériau presque purement architectonique », écrit le futuriste Umberto Boccioni (Dinamismo plastico, Milan, 1911).

Ses corps contorsionnés retracent la terribilità michelangesque que définit Vasari dans un texte manifeste, louant par là la grandeur de son esprit et l’habilité de ses manières. Ses « divins dessins » permettent également de soulever les paradigmes majeurs de sa conception artistique : le non finito, la réminiscence du beau, le maniérisme, le mouvement, le hiatus, l’épuisement absolu, la torpeur, tourments, fureur, passion… Avec une telle capacité d’imagination (fantasia) et de réflexion, Michel-Ange attribue à la fonction de l’artiste l’acte de purification, c’est-à-dire enlever la matière (par soustraction) et affleurer peu à peu à l’Idée.

 

Carte d’identité
Nom : Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni
Date de naissance : 1475, Caprese
Décès : 1564, Rome
Maître : Domenico Ghirlandaio
Élève : Ascanio Condivi, Tommaso dei Cavalieri
Mécènes : Laurent de Médicis, Jules II, Clément VII, Paul III
Œuvres notoires : David (1504), Pietà (1498) ; à la chapelle Sixtine, fresques du plafond (1508 à 1512) et du mur de l’autel (Jugement dernier, 1536 à 1541)
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