Peter-Halley

Peter Halley (1953)



Biographie

Né à New York en 1953, Peter Halley étudie la pratique artistique à la Phillips Academy d’Andover (Massachusetts), d’où il sort diplômé en 1971, et l’histoire de l’art à la Yale University à New Haven puis à l’Université de La Nouvelle-Orléans, où il obtient un MFA en peinture en 1978 : période de formation durant laquelle il s’intéresse aux écrits de Robert Smithson, figure de l’Art minimal et du Land Art américains, et lit Interaction of Color (1963) de l’allemand Josef Albers, enseignant au Bauhaus et pionnier de l’Op Art, qui le marquera durablement.

En 1980, il revient à New York où la musique New Wave le sensibilise aux questions populaires et sociales, tandis qu’il est immergé dans un espace urbain dense et fortement géométrisé. Dès lors, Peter Halley cherche à décrire la ville par le biais d’une Nouvelle Géométrie ou « Neo Geo » -mouvement dont il devient le théoricien- qui peut apparaître comme une réaction à la Nouvelle Figuration, alors dominante sur la scène internationale.

Néanmoins cet art ne relève pas de l’Abstraction géométrique, telle qu’elle s’est développée en ce XXe siècle. Car si son langage plastique s’y apparente, le propos s’y oppose radicalement. Alors que les tenants de l’abstraction sont à la recherche d’une transcendance portée par les formes pour échapper au matérialisme croissant de la société, Peter Halley élabore une iconographie qui se nourrit de l’architecture urbaine et de l’organisation pratique de la vie moderne -telle la signalétique aux logos schématiques ou abstraits envahissante, depuis la rue jusqu’aux ordinateurs : "J’ai toujours pensé à mes travaux comme représentant quelque chose, je n’ai jamais compris l’abstraction." Et sa démarche est radicale et politisée, nourrie de la pensée des philosophes poststructuralistes français Michel Foucault et Jean Baudrillard, le premier, dans Surveiller et punir : naissance de la prison (1975) notamment, analysant les rouages de normalisation et de contrôle dans nos sociétés postindustrielles et le second, dans Simulacres et simulations (1981), mettant l’accent sur le fait que notre lien direct à la réalité se relâche de plus en plus au profit d’une représentation du réel, de sorte que nous sommes conditionnés par des illusions.

"J’ai tenté d’utiliser les codes du minimalisme, de la Color Field Painting et du constructivisme pour révéler la base sociologique de leurs origines. Après Foucault, je vois dans le carré une prison. Derrière les mythologies de la société contemporaine, un réseau camouflé de cellules et de conduits."
De fait, dès le début des années 1980, Peter Halley emploie des matériaux industriels, une peinture acrylique simple ou le Day-Glo, acrylique fluorescente, et le Roll-a-Tex, crépi synthétique, dans des tons d’abord noirs, gris, blancs puis de plus en plus vifs pour créer des motifs récurrents, souvent identifiés dans le titre de l’œuvre : les Cells ou « cellules » figurées par des quadrilatères-, et les Prisons par des barreaux de fenêtre schématisés, les éléments étant reliés entre eux par un réseau de conduits. L’ensemble qui évoque aussi bien un diagramme, tels ceux des circuits électroniques de nos divers appareils, veut alerter sur la géométrisation sclérosante de l’espace social et son impact sur notre pensée.

À partir des années 1990, les compositions, toujours rigoureuses, deviennent plus complexes, avec des formes imbriquées et des associations de couleurs que l’on retrouve dans l’univers urbain et qui avaient déjà inspiré le Pop Art : comme le souligne l’artiste lui-même, ses œuvres frôlent parfois « l’excès et l’hystérie », par la discordance ou le contraste des coloris toujours posés en aplat. Depuis le milieu de ces années 1990, Peter Halley élabore des installations en fonction des sites qui les accueilleront -musées, galeries ou espaces publics. Si déjà précédemment ses œuvres sont parfois conçues en série pour être présentées côte à côte, chacune reprenant le même motif, l’artiste désormais investit les murs où sont accrochées ses peintures, les couvrant de diagrammes/ordinogrammes ou de papiers peints imprimés créés numériquement. Citons parmi ses installations permanentes celles de la State University of New York à Buffalo (1998), de la  Collection artistique de la Banca della Svizzera Italiana à Turin (2003), de Dallas/Fort Worth International Airport au Texas (2005) et en 2008 de la Gallatin School (New York University). En 2011, durant la Biennale de Venise, son installation Judgment Day au Palazzo Bembo n’est plus qu’une immense « peinture » murale de « fleurs digitales » riches en couleurs mais au titre toujours inquiétant…

(Martine Heudron)

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Expositions/Bibliographie

Museum Haus Esters, Krefeld (Allemagne), 1989

Maison de la culture et de la communication de Saint-Étienne, Institute of Contemporary Arts, Londo

Retrospective, Musée d’art contemporain de Bordeaux, Musée d’art contemporain, Lausanne (Suisse), Museo nacional centro de arte Reina Sofía, Madrid, Stedelijk Museum, Amsterdam, 1991-1992

Des Moines Art Center, 1992

Museum of Modern Art, New York, 1997

Kitakyushu Municipal Museum of Art, 1998

Museum Folkwang, Essen, 1998

Palazzo Bembo, Venise, 2011

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Revue de presse

https://www.lesechos.fr/24/01/2014/LesEchos/21612-411-ECH_new-york-a-saint-etienne.htm
http://www.paris-art.com/peter-halley-2/
https://www.mudam.lu/fr/le-musee/la-collection/details/artist/peter-halley/
http://www.lacritique.org/article-peter-halley-geometrie-fluorescente
https://www.connaissancedesarts.com/marche-de-lart/larchi-structure-de-peter-halley-11702/
http://journals.openedition.org/critiquedart/15566
http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=5267&menu=

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