Maurice-de Vlaminck

Maurice de Vlaminck (1876-1958)



Biographie

Né en 1876 à Paris, Maurice de Vlaminck, d’origine flamande, se fait d’abord connaître comme champion cycliste et c’est l’immersion dans la nature due à la pratique du vélo qui lui donne l’envie de peindre ses sensations. Durant l’été 1900, sa rencontre avec André Derain détermine sa carrière de peintre toujours autodidacte : ils travaillent ensemble à Chatou, tandis que Vlaminck, déjà chargé de famille, gagne sa vie comme violoniste dans les salles de spectacle parisiennes.

En mars 1901, la première rétrospective consacrée à Vincent van Gogh le bouleverse : c’est la révélation d’une peinture en accord avec ses aspirations les plus profondes : « montrer la nature en liberté, la libérer des anciennes théories » et l’interpréter avec « un sentiment presque religieux ». Dès lors, il n’hésite plus à se livrer à toutes les audaces, s’emparant avec fougue des couleurs pures et violemment contrastées comme de la touche allongée et dense vue chez Vincent pour créer les formes : « J’étais un barbare tendre et plein de violence. Je traduisais d’instinct, sans méthode, une vérité non pas artistique mais humaine. » (Tournant dangereux, 1929)
Au Salon d’automne de 1905 qui révéla le groupe des Fauves, Vlaminck apparaît de fait aux critiques comme le plus radical d’entre eux ; et ses aspirations révolutionnaires englobent non seulement l’art mais aussi la société, de même que sa philosophie de la vie : « Le Fauvisme n’était pas une invention, une attitude mais une façon d’être, d’agir, de penser, de respirer. » (1943) ; « J’avais… une rage de recréer un monde nouveau. » (Tournant dangereux, 1929)
Si, à l’instar de ses amis, le paysage est son sujet de prédilection, Vlaminck sans le sou ne les suit pas dans le Midi mais cherche ses motifs dans la région parisienne puis en Normandie. Ses compositions solidement élaborées montrent souvent une perspective malmenée, des cadrages audacieux, une touche variée, allant de l’aplat à l’empâtement, large ou proche du divisionnisme et parfois si libre qu’elle en dissout la forme.

Mais bientôt Vlaminck ne se satisfait plus de cette outrance des couleurs et se méfie désormais de son « habileté excessive », qui risque de lui faire perdre « le caractère intérieur des choses ». Dès 1907, il s’éloigne progressivement de ses couleurs fauves, sans doute à la faveur de la rétrospective Cézanne organisée au Salon d’automne de 1907, qui marqua de nombreux esprits en quête de modernité. Il assagit alors sa touche et sa palette, où bleus de Prusse et blancs apparaissent, mais surtout s’attache à la structure géométrique des formes, au point de pressentir le Cubisme, qui sera d’ici peu révélé par ses amis Braque et Picasso.
Vlaminck juge cependant bien vite ce style trop conceptuel mais il est piquant de noter qu’il est le premier à avoir collectionné la sculpture nègre, à partir de 1905, avec une passion qui gagnera Derain puis Picasso.

C’est en revenant une seconde fois à Cézanne qu’il va définitivement trouvé son style, pleinement révélé en 1919 lors d’une exposition à la galerie Druet : il rend la profondeur par une construction en plans successifs et adopte désormais une palette sobre, composée de verts, gris, bruns et beiges ponctués de blancs, quelquefois rehaussés de couleurs chaudes. Prônant un « art individualiste » et vecteur des émotions profondes, Vlaminck se tient ainsi à l’écart de tout mouvement artistique pour s’adonner à la peinture de paysages, souvent peuplés de petits personnages, la nature étant désormais son seul refuge après la boucherie de la Grande Guerre.

Bien qu’hostile aux « machines » du monde moderne, Vlaminck s’achète des bolides dès que le succès lui sourit (à partir des années 1920) car la vitesse lui procure de nouvelles sensations, notamment visuelles. Ainsi dans les années 1930, le tableau tout entier peut incarner le mouvement par l’usage de l’ellipse.
Depuis la Grande Guerre et jusqu’à la fin de sa vie, ses œuvres reflèteront souvent une atmosphère dramatique puis se teinteront d’un lyrisme romantique qui n’est pas sans rappeler Van Gogh par le sujet et la touche mais cette fougue va de pair avec l’exigence d’une composition équilibrée.
 
Toujours indépendant et soucieux de préserver en lui l’unité entre l’homme, la vie et l’art, Vlaminck se réfugie en 1925 dans la Beauce à La Tourillière, au cœur d’une nature qui n’a jamais cessé de lui procurer équilibre et inspiration.

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Expositions/Bibliographie

Vlaminck, his Fauve period (1903-1907), Perls Galleries, New York, 9 avril-11 mai 1968 (catalogue par John Rewald)
Museu de Arte Brasileira, Fundação Armando Alvares Penteado, 9 mars-8 avril 2001
MaÏthé Vallès-Bled, Wildenstein Institute, Vlaminck : catalogue critique des peintures et céramiques de la période fauve, 2008
Maurice de Vlaminck : un instinto fauve, pinturas de 1900 a 1915, Fundación La Caixa, Madrid, 11 mars 2009-7 juin 2010
Vlaminck, les années décisives 1900-1914, Musée de l’Annonciade, Saint-Tropez, 6 juillet-14 octobre 2013
Atelier Grognard, Rueil-Malmaison, 30 janvier-25 mai 2015
 

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Revue de presse

http://www.newsoftheartworld.com/vlaminck-libertaire-en-communion-nature/
https://www.connaissancedesarts.com/peinture-et-sculpture/maurice-de-vlaminck-lunique-fauve-1111462/
http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/02/21/exposition-vlaminck-fauve-sa-bonne-periode_1014136_3246.html
http://www.musee-fournaise.com/mf_fauvisme.asp
http://flandres-hollande.hautetfort.com/archive/2013/10/10/le-flamand-chez-maurice-vlaminck-5193196.html
http://www.senat.fr/evenement/vlaminck/
https://musee-contrefacon.com/2016/03/01/lobjet-du-mois-de-mars-un-faux-tableau-signe-vlaminck/
http://www.normandie-sud-tourisme.fr/visites-et-decouvertes/le-saviez-vous/maurice-de-vlaminck-un-fauve-a-verneuil-sur-avre/
http://chatounotreville.hautetfort.com/andre-derain-et-maurice-de-vlaminck/
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2015/02/19/03015-20150219ARTFIG00023-vlaminck-itineraire-d-un-reactionnaire-moderne.php
https://artwithoutskin.com/2014/08/19/un-vlaminck-decouvert-dans-une-maison-familliale-vendue-aux-encheres-le-20-aout-a-moulins/
http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2015/02/12/03016-20150212ARTFIG00027-le-destin-chaotique-d-une-toile-de-vlaminck.php

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Œuvres d'art de Maurice de Vlaminck

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