Marc-Quinn

Marc Quinn (1964)



Biographie

Né à Londres en 1964, Marc Quinn fait des études d’histoire et d’histoire de l’art à Cambridge puis débute comme assistant du sculpteur Barry Flanagan (1941-2009), membre de l’Académie Royale devenu célèbre pour ses lièvres de bronze ; dans son atelier, il s’initie à toutes les techniques de sculpture, de la taille au moulage, qu’il ne cessera de travailler et d’enrichir par la suite. 

 

Au début des années 1990, Marc Quinn devient membre du mouvement YBA, Young British Artists, auprès de Tracey Emin, des frères Chapman et de Damien Hirst, soutenus par le marchand Jay Jopling qui les expose dans sa galerie White Cube. Tous se reconnaissent dans un art conceptuel et cherchent à ébranler la conscience collective  par une remise en question des rapports entre l’art et la vie.

 

Dès 1991, Quinn acquiert la célébrité avec une œuvre aussi surprenante qu’inédite, Self : cette sculpture représentant sa propre tête a pour matière première 4,5 litres de son propre sang qu’il a moulé puis congelé et qui doit continuer d’être conservé à -18°C. Elle marque le début d’une série que l’on espère longue puisque l’artiste s’emploie à produire une telle œuvre tous les cinq ans, afin de suivre le processus du vieillissement. Le sang lui permet, en créant « une représentation n’ayant pas seulement la forme du sujet mais étant littéralement de [s]a chair et de [s]on sang », d’« élever l’art du portrait à un degré extrême ». Inspiré par le cheminement de Rembrandt à travers l’autoportrait, Quinn amorce ici la question du lien entre vie et mort, entre corporel et spirituel, qu’il ne cessera plus d’explorer. 

 

Ainsi, dans la suite des années 1990, Quinn élabore nombre de sculptures présentant différentes parties du corps humain, notamment mains et visage, employant une diversité étonnante de matériaux, depuis les plus classiques, comme le marbre et le bronze, jusqu’au métal -précieux ou non (or, argent, plomb)-, à la cire, au caoutchouc, voire au pain.   

 

Parallèlement, Quinn réalise une installation intitulée Garden (2000), qui réunit des fleurs du monde entier dont la beauté est immortalisée dans un gel siliconé : ce « Jardin d’Éden », qu’il décrit comme un « Printemps éternel », répond à notre désir de perfection et de pérennité. Quinn explique : « Ces plantes, pour sembler vivre pour toujours, doivent abandonner leur vie. Quel est l’enjeu pour moi : quand vous plongez une plante dans le silicone froid, elle gèle immédiatement et ce n’est plus une plante -elle devient une sculpture de la plante. C’est la plus pure façon de faire de la sculpture, parce que vous prenez l’objet réel et ensuite cet objet fait d’atomes devient sa propre sculpture. Quand cela arrive, c’est un moment magique, le moment de la libération. C’est comme dans la religion -la transfiguration, quand les gens se retrouvent au paradis. » (interview Germano Celant, 2013)

 

L’année 2001 voit l’artiste utiliser encore d’autres techniques scientifiques pour créer des œuvres visuellement décalées ; on lui commande le portrait de John E. Sulston qui obtiendra le Prix Nobel en 2002 pour le séquençage du génome d’un ver : l’ADN du chercheur est prélevé, introduit dans des bactéries que l’on fait proliférer dans de l’agar-agar (extrait d’algues d’Asie), lequel est mélangé à de l’eau pour former une gelée… et le tout devient le portrait du généticien, présenté dans un cadre rectangulaire d’acier inoxydable. Quinn opère de même pour créer DNA Garden, association du matériel génétique de 75 plantes à celui de deux êtres humains dans un agencement similaire : référence biblique pour un questionnement spirituel et scientifique sur le devenir de la vie sous toutes ses formes.

 

L’artiste n’en délaisse pas pour autant l’enveloppe corporelle : il se focalise tout particulièrement sur les corps atteints de malformations congénitales ou amputés accidentellement. Alison Lapper Pregnant (2005), statue colossale de 15 tonnes en marbre de Carrare, prend place à Trafalgar Square en déchaînant la controverse : elle représente en effet une artiste anglaise née sans bras et aux jambes très atrophiées, insulte aux handicapés pour certains mais pour l’artiste et son modèle, l’invitation du public à une perception nouvelle du corps, en valorisant, pour la première fois dans l’histoire de l’art, la beauté d’un corps atypique. 

 

Depuis lors, Marc Quinn continue d’explorer les thèmes précédents, qu’ils traitent de la figure humaine -en s’interrogeant sur le développement de la vie, sur les anomalies physiques relatives à l’identité sexuelle et sur le pouvoir de la science- ou de notre relation à la nature et au monde. 

La série Evolution (2007) en marbre rose retrace en huit étapes la croissance d’un fœtus humain jusqu’à l’enfant, tandis que la statue Thomas Beatie (2009) bouscule les normes naturelles et culturelles en représentant le tout premier transsexuel masculin à vivre une grossesse et à accoucher légalement. Du même ordre sont ses sculptures ou tableaux d’autres célébrités comme Michael Jackson, la strip-teaseuse Chelsea Charms réputée pour sa poitrine démesurée, Dennis Avner dit « Catman » qui a usé de toutes les techniques (chirurgie, tatouages, etc.) pour ressembler à un tigre, ou encore ses mises en scène du couple LGBT Buck Angel et Allanah Starr, premiers transsexuels masculin et féminin à avoir tourné un fil pornographique.

 

Toutefois, les œuvres les plus réputées de Marc Quinn restent une série de sculptures commencée en 2006, ayant pour modèle le mannequin Kate Moss dans diverses postures yogiques. Elles sont le plus souvent en bronze, revêtu de peinture ou doré à l’or fin, comme Sphinx (2006) mais Siren (2008), statue grandeur nature en or 18 carats, atteint les splendeurs pharaoniques selon l’artiste pour qui elle « irradie d’amour et de lumière tout en restant implacable et silencieuse ». « Je vois ces deux œuvres comme des sculptures d’un superego culturel », poursuit-il.

 

En 2015, Marc Quinn fait une exposition consacrée à l’impact écologique de l’homme sur la nature : des peintures de paysages marins déformés en trois dimensions côtoient une nouvelle série de sculptures monumentales en acier et béton baptisées « Frozen Waves », en forme de coquillages érodés par l’incessant mouvement de la mer dont le niveau ne cesse de monter.     

 

Marc Quinn est représenté à travers le monde, dans les collections publiques de la Tate Modern et la National Portrait Gallery à Londres, le Centre Pompidou à Paris, le Stedelijk Museum à Amsterdam, le Museum of Modern Art et le Metropolitan Museum de New York. 

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Expositions/Bibliographie

Tate Gallery, Londres, 1995

Kunstverein, Hanovre, 1999

Fondazione Prada, Milan, 2000

Irish Museum of Modern Art, Dublin, 2004

Fondation Beyeler, Bâle, 2009

The Toxic Sublime, White Cube Gallery, New York, 2015

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Revue de presse

http://fr.montecarlosbm.com/actualites/burning-desire-l&rsquo
orchidee-rouge-flamboyante-de-marc-quinn-installee-au-coeur-de-monaco/
http://fr.montecarlosbm.com/actualites/the-littoral-zone-exposition-de-marc-quinn-au-musee-oceanographique-de-monaco/
https://www.oceano.mc/fr/expositions/nos-precedentes-expositions/-the-littoral-zone-de-marc-quinn
http://archives.nicematin.com/societe/marc-quinn-plante-burning-desire-dans-les-jardins-du-casino.911992.html
http://www.dior.com/diormag/fr_be/article/la-collection-de-marc-quinn-pour-dior
http://www.vogue.fr/mode/news-mode/diaporama/les-sacs-lady-dior-revisites-par-marc-quinn-boutique-dior-new-bond-street/34544#les-sacs-lady-dior-revisites-par-marc-quinn_image1

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