Lynn Russell-Chadwick

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Sculpture

Lynn Russell Chadwick (1914-2003)



Biographie

Lynn Russell Chadwick est un sculpteur anglais né à Londres en 1914. Élève de la prestigieuse Merchant Taylors' School à Northwood, il émet le vœu d’être artiste mais on le dirige prudemment vers l’architecture. Il devient apprenti dessinateur dans des cabinets d’architectes, dont celui de Rodney Thomas qui l’ouvre à l’architecture et au design de l’Europe contemporaine. Le dessin d’architecture sera sa seule formation artistique : « Cela m’a appris comment élaborer une composition formelle. »
Après la guerre, où il se porte volontaire comme pilote, il retourne chez Thomas et construit à partir de 1947 environ des mobiles faits de fil, de bois balsa, de cuivre et de laiton, souvent en forme de poisson coloré. Puis il leur donne un socle, les transformant en stabiles.
« Je voulais vraiment produire un objet concret, que l’on puisse toucher. »

Voulant changer de vie, il quitte Londres en 1947 pour la campagne et crée ses premières sculptures ; en 1958, il achète pour une bouchée de pain Lypiatt Park, manoir de style néo-gothique, et installe une enclume de forgeron dans la chapelle. Il restaurera bâtisse et jardin et en 1986, achètera les terres des alentours pour y placer ses œuvres.
Dès sa première exposition personnelle en 1950 à la galerie Gimpel Fils, il attire l’attention des critiques puis reçoit plusieurs commandes d’importance, officielles et privées, comme l’immense The Fisheater, exposé à la Tate Gallery en 1951-1952.

Pour améliorer ses techniques de soudure sur le fer, l’acier, le laiton ou le cuivre, qu’il compte employer sur des sculptures de grande taille destinées à des espaces publics, Chadwick suit des cours dans une école spécialisée.

Dès 1952, il fait partie du groupe des huit jeunes sculpteurs (dont Robert Adams, Kenneth Armitage, Reg Butler, Geoffrey Clark, Bernard Meadows, Eduardo Paolozzi et William Turnbull) invités à exposer dans le Pavillon britannique de la XXVIe Biennale de Venise. La critique est séduite :
« Ces images nouvelles sont celles du désespoir et du défi et c’est le plus innocent, l’artiste, qui transmet le mieux la culpabilité collective. Ce sont des images de vol, de serres abîmées ‘griffant la surface de mers silencieuses’, de chair écorchée, de frustration sexuelle, la géométrie de la peur. » (Cf. Read, 2014)

Ce succès propulse brutalement à l’échelle internationale un artiste largement autodidacte en sculpture, qui parvient à insuffler de l’énergie à ses formes solides : il les compose en recherchant d’abord le potentiel expressif d’une structure faite de tiges d’acier soudées puis il l’habille d’un corps tactile.
D’abord en fer et acier, ses sculptures prennent la forme de mobiles, d’animaux, de figures d’hommes et de femmes isolées ou en groupe. Puis à la fin des années 1950, il commence à couler le bronze.

En 1954, Chadwick découvre le Stolit, pierre industrielle composée de gypse et d’acier, que l’on applique humide et qui en séchant peut être travaillée pour donner une surface grumeleuse ou lisse : cette nouvelle technique marque un tournant important dans la méthode de travail du sculpteur.   

En 1956, il est le plus jeune artiste à recevoir le Prix international de Sculpture à la XXVIIIe Biennale de Venise, devançant tous les favoris, Giacometti, César et Richier.
Dans les années 1960, son art, que les critiques rattachent à la sensibilité esthétique de l’Après-guerre, subit le changement de mode dû à la montée du Pop Art mais l’artiste continue de recevoir nombre de commandes publiques et privées, notamment en Italie, Danemark et Belgique. Invité à participer à l’exposition « La Sculpture dans la cité », à Spolète (Italie) en 1962, il crée une pièce monumentale d’extérieur aux côtés de David Smith, Alexander Calder, etc. : Two Winged Figures (Deux Figures ailées), première sculpture qu’il réalise en bronze.

Herbert Read note en 1962 l’évolution du style de Chadwick depuis 1956 : « il cherche toujours à rendre un état de vigilance chez ses figures humaines ou animales, son but étant de saisir l’instant où l’intensité est maximale, et il emploie désormais des moyens plus directs, en réduisant les attitudes corporelles à leurs lignes de force magnétiques. »  

Au cours des années 1960, Chadwick aborde un style plus abstrait, comme le King (1964), influencé par les sculptures de l’Île de Pâques, ou la série colorée Pyramid et Split, formes géométriques pures en formica ou en bois. Il fait en outre des formes humaines « abstraites », les hommes ayant pour tête un bloc rectangulaire et les femmes une tête plus fine, en forme de pyramide ou de diamant.

Vers la fin des années 1960, Chadwick travaille à des groupes de figures complexes, telle la série Elektra, et il se met à polir certaines surfaces du bronze pour accentuer telle partie de l’anatomie, comme dans Three Elektra (1969). Il utilise aussi une patine mate recouvrant certains bronzes, mais dont le visage ou la poitrine a été brunie pour obtenir un doré éclatant (Elektra) car il veut rechercher un peu de contraste et de couleur.

En 1973, Chadwick commence à habiller ses figures de draperie plissée ou de manteaux ondulants formant les ailes de Pair of Walking Figures par exemple. Et dans les années 1980, il exagère encore les effets du vent sur les figures (High Wind). Des couples vêtus et assis sur des bancs apparaissent alors, signe que Chadwick essaie d’appliquer sa méthode au naturalisme.
 « Ce qui compte dans mes figures, c’est toujours leur attitude et ce qu’elles expriment à travers elle. Elles parlent et cela, beaucoup ne le comprennent pas. »
Chadwick préconise de placer l’œuvre à la hauteur des yeux afin de pouvoir l’apprécier.

L’année 1989 marque son retour à l’acier, délaissé depuis 1962 : avec Rising Beast, il entame une série nombreuse de Bêtes de toutes dimensions, souvent monumentales. Ces œuvres à facettes, en acier inoxydable soudé qui capte et reflète la lumière, s’avèrent l’ultime étape dans le développement de sa technique.

Il cesse de travailler en 1995 et meurt en 2003, laissant une sculpture non pas traitée en masse et en volume -comme celle de la génération de Henry Moore- mais issue de la structure et de la ligne, dans une dynamique expressive combinant élégance et tension.

Son œuvre est représenté dans nombre de collections publiques réparties à travers le monde, dont l’Art Institute of Chicago, le Museum of Modern Art, New York, la Chicago Royal Academy of Arts, London, l’Israel Museum, Jérusalem, les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, le Musée Rodin, Paris.

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Expositions/Bibliographie

Herbert Read, New Aspects of British Sculpture, The XXVI Venice Biennale : The British Pavilion, 2014

CHADWICK Lynn, Sculptor : with a complete illustrated catalogue (1947-2005) : Dennis FARR et Eva CHADWICK, 2006 (rééd. 2014)

Retrospective, Tate Britain, 2003

Retrospective, Yorkshire Sculpture Park, 1992 (première rétrospective en Grande-Bretagne)

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Revue de presse

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Œuvres d'art de Lynn Russell Chadwick

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