Jean-Hélion

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Œuvre sur papier

Jean Hélion (1904-1987)



Biographie

Né en 1904, Jean Hélion (de son vrai nom Jean Bichier) est un peintre français dont la démarche artistique qui a évolué de l’abstraction au figuratif –cas peu fréquent- a suscité beaucoup de controverses. Pour l’artiste lui-même, cet itinéraire suivait pourtant un objectif clairement défini et permanent, celui de d’appréhender la nature profonde de la réalité : « Quel bel objet qu’une tête, si complexe, si riche, si près d’un œuf ; cependant si abstrait (...). La tête peinte, l’image très artificielle de la tête naturelle du modèle, offre un champ de valeurs aussi vaste que toutes mes conceptions abstraites. » (mai 1939)

 

Il entreprend des études de chimie à Lille mais les abandonne pour venir à Paris où il devient apprenti dessinateur chez un architecte en 1921. Au Louvre, il est attiré  d’emblée par Nicolas Poussin et Philippe de Champaigne et dans les galeries, par Cézanne, Matisse et Derain. 

Il se met à peindre des scènes de rue qu’il expose à Montmartre et, pris sous contrat par le collectionneur Georges Bine, décide de se consacrer à la peinture en 1925. Bientôt, sous l’influence probable du Cubisme, la représentation plastique de la vie quotidienne qui lui tient à cœur évolue vers une réalité faite d’éléments géométriques ; elle tourne ensuite à l’art abstrait (Compositions orthogonales, Tensions), terme réfuté par Hélion : il le qualifie d’Art concret et, avec Theo van Doesburg (fondateur de De Stijl), Otto Carlsund et Léon Tutundjian, il fonde un groupe dont les théories seront reprises et développées en 1931 par le groupe Abstraction-Création, auquel vont se rallier Herbin, Delaunay, Arp, Gleizes, Kupka. Hélion se pose en théoricien de cette première avant-garde française vouée à un art radicalement abstrait et publie des articles, activité d’écriture qui deviendra plus tard de la critique d’art.  

Mais en 1934, Hélion quitte le groupe et se définit comme un artiste indépendant. Son rôle s’avère néanmoins notoire, en ces années d’avant-guerre, dans l’implantation de l’Abstraction, préparant l’éclosion de la seconde génération d’abstraits qui aura lieu après 1945 : il fréquente nombre d’artistes et écrivains tels Léger, Giacometti, Ernst, Ozenfant, Miró, Calder, Michel Seuphor, Georges Simenon, Tristan Tzara. Hélion obtient sa première exposition particulière à la galerie Pierre Loeb en 1932 et dès 1933 se voit exposé aux États-Unis où il fait des séjours réguliers, au point de se faire construire un atelier en Virginie en 1935 ; ce lieu s’avèrera capital pour la diffusion des mouvements modernistes, comme en témoigne Robert Motherwell qui estime prépondérante l’influence de son abstraction sur les peintres américains au milieu des années 1930. 

 

Dès 1933, l’abstraction d’Hélion s’émancipe des codes rigoureux influencés par le Néo-Plasticisme de Mondrian : il s’éloigne d’une géométrie pure trop limitée pour se tourner peu à peu vers des formes plus souples : après la série-charnière des Équilibres, les Grandes Figures abstraites de 1937 révèlent, dans un jeu de volumes et de couleurs, des imbrications de formes où s’impriment l’espace et le mouvement, de sorte que la correspondance avec le réel est fortement suggérée. 

1939 est l’année du basculement avéré de l’abstraction au figuratif, comme semble l’annoncer le titre de la Figure tombée, faite d’éléments biomorphiques, bientôt suivie de sa première grande composition figurative, Au Cycliste. Si l’on considère ses écrits, ce besoin de « redécouvrir le monde en clair » n’est pas sans rapport avec la montée des périls en Europe.

 

Mobilisé en 1940, Hélion est fait prisonnier et envoyé en Silésie, d’où il s’évade en 1942. Il parvient à traverser l’Atlantique et à New York, retrouve nombre d’amis artistes et poètes, tenants de l’Abstraction ou du Surréalisme. Son mariage avec Pegeen Guggenheim, fille de la richissime Peggy, lui permet d’oublier pour la première fois ses difficultés matérielles.

 

Face à la violence du conflit mondial, sa sensibilité à la réalité visible ne cesse de s’aiguiser : « Le moindre village où nous manœuvrions me paraissait sublime, les maisons étaient des volumes parfaits, les gens qui circulaient dans les rues faisaient des gestes, des jambages, d’une complexité inouïe et très simple. J’admirais les fissures, les plissements des volets, les craquelures et, derrière les maisons, les gestes éperdus des arbres [...]. » 

 

Ce retour à la figuration va de pair avec une approche renouvelée des genres les plus classiques, tels le nu et la nature morte, qu’Hélion revisitera toujours avec un sens de la construction formelle et intellectuelle héritée des grands classiques français du XVIIe s. Mais au-delà de la ressemblance au modèle, Hélion recherche la personnification des idées, voire l’allégorie : il qualifie les nus de Pegeen de « femme-temple » (Nu accoudé, 1948-1949) et dit faire en peinture des « phrases visuelles ».  

Son œuvre À Rebours de 1947 –écho au roman de Joris-Karl Huysmans- est une synthèse de l’ensemble de son évolution à contre-courant, tout en préfigurant l’avenir avec l’introduction d’une scène de genre.

 

En effet, après quelques incursions dans l’univers surréaliste, avec notamment ses Natures mortes à la citrouille de la fin des années 1940, Hélion prend pour sujet de prédilection la vie quotidienne : il fait de nombreux croquis sur le vif avant de réaliser la toile, où il aime dérouler l’action en plusieurs phases ou bien juxtaposer différentes scènes (Triptyque du Dragon, 1967).  

Le folklore de Belle-Île qu’il visite régulièrement depuis 1956, le Paris du quotidien ou des événements de mai 1968, continuent de nourrir son inspiration jusqu’à ce que la cécité le menace à partir de 1981.      

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Expositions/Bibliographie

Hélion : cent tableaux, 1928-1970..., Grand Palais, Paris, 11 décembre 1970-1er février 1971 

Jean Hélion, À perte de vue, 1996

Ottinger Didier, L'hétéroclitisme de Jean Hélion, 2005

Centre Pompidou, 8 décembre 2004-7 mars 2005 

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Revue de presse

http://www.newsoftheartworld.com/christies-ferme-les-ventes-avec-un-bilan-de-1455-millions-de-dollars/
http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-HELION/helion.htm
https://www.cairn.info/revue-etudes-2005-2-page-259.htm
http://next.liberation.fr/culture/2004/12/08/jean-helion-a-rebrousse-toiles_502133
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2011/05/23/03015-20110523ARTFIG00474-helion-peintre-a-contre-courant.php
http://www.mnha.lu/fr/Visites-guidees/Espaces-bleus-de-Jean-Helion
https://www.lequotidiendelart.com/articles/8247-nouveau-record-aux-encheres-pour-hartung-a-drouot.html
http://www.lemonde.fr/archives/article/1980/09/12/une-retrospective-jean-helion-a-pekin_2818304_1819218.html

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