Hans-Hartung

Hans Hartung (1904-1989)



Biographie

« Les toiles de Hartung s’analysent beaucoup moins en fonction d’un contenu qu’en terme de dynamisme et de rayonnement. Ce qu’il y a de plus remarquable en elles, c’est la tension conciliée avec un degré extrême de raffinement. » (M. Conil Lacoste)

Hans Hartung naît à Leipzig en 1904 dans une famille de médecins férus de musique et de peinture. Dès l’âge de six ans, sa vocation s’affirme lorsqu’il cherche à « attraper » et dessiner les éclairs juste avant le grondement du tonnerre. Après deux années passées à Bâle où, passionné par l’astronomie et la photographie, il se construit un télescope qui lui permet de voir des « fragments du réel », il fréquente le lycée de Dresde jusqu’en 1924. Il y développe une passion pour Rembrandt, Frans Hals, Le Greco et Goya mais aussi pour les Expressionnistes allemands Oskar Kokoschka et Emil Nolde, au point d’en faire des copies, certes très libres : la composition est simplifiée en masses colorées ; tandis que dès 1922, se succèdent des aquarelles en série, faites de taches aux couleurs intenses (grâce à l’aniline), qui s’émancipent d’ores et déjà totalement du sujet figuratif :

« La tache y devenait libre, elle s'exprimait par elle-même, par sa forme, par son intensité, par son rythme, par sa violence, par son volume... » (Hans Hartung, Autoportrait, 1976)

Le jeune Hartung parfait ses humanités avant de s’inscrire en 1925 à l’Académie des beaux-arts de Dresde, puis il entreprend de nombreux voyages en Europe où il rencontre Anna-Eva Bergman, jeune peintre norvégienne qui deviendra sa femme en 1929. Face à la montée du nazisme, il quitte l’Allemagne et après maintes tribulations, revient à Paris en 1934 pour s’y installer définitivement. Il se lie d’amitié à Jean Hélion et Henri Goetz, rencontre Alberto Magnelli, César Domela, Kandinsky, Mondrian, Calder, Miró, Julio González : l’homme comme l’artiste sort enfin de l’isolement.

Il est néanmoins sans ressources : installé à la terrasse des cafés, il commande des cafés-crèmes afin d’obtenir encre et papier pour dessiner. Ainsi vont naître des tourbillons d’encre noire, tracés les yeux fermés pour calmer son angoisse, qui manifestent d’emblée les ressorts de l’abstraction chez l’artiste : elle n’est nullement le fruit d’une recherche théorique ou historique mais résulte bien d’une nécessité intérieure.

Aux difficultés matérielles et sentimentales (divorce puis remariage avec Roberta González, fille du sculpteur) s’ajoute en 1939 le déclenchement de la guerre qui le mène au combat pour la France dans la Légion étrangère, en de multiples péripéties qui prennent fin avec l’amputation d’une jambe, ce qui lui vaudra d’être dignement décoré et naturalisé français à son retour à Paris.

L’après-guerre voit l’avènement de l’Abstraction sur la scène artistique mondiale : Hartung participe à des expositions successives qu’elles soient collectives ou non, la première étant une exposition personnelle en 1947 à la galerie Lydia Conti, révélation pour le public et les critiques. Il fait bientôt la connaissance de Gérard Schneider, Pierre Soulages, Georges Mathieu, Willi Baumeister, Mark Rothko et, à leurs côtés, se voit reconnu comme l’un des chefs de file de l’art abstrait et l’un des pionniers de l’Abstraction lyrique, mais aussi comme l’un des précurseurs de l’Action Painting.

En 1952, lors d’une rétrospective au Musée de Bâle, il retrouve Anna-Eva qu’il ne quittera plus. En 1964, ils font un voyage en bateau à l’extrême nord de la Norvège d’où il rapporte des milliers de photographies qui seront exposées.

Toujours en quête de nouvelles expérimentations, Hartung dans les années 1960 se met à utiliser d’autres types d’outils -pistolet, rouleau, large brosse- ainsi que le vinyle ou l’acrylique, nouveaux médiums qui sèchent plus vite et favorisent donc rapidité et instantanéité dans le travail. À Antibes où il s’est installé en 1973, ses travaux de gravure le mènent à multiplier encore instruments et techniques, dans un acte créateur de plus en plus impulsif :

« Griffonner, gratter, agir sur la toile, peindre enfin, me semblent des activités humaines aussi immédiates, spontanées et simples que peuvent l'être le chant, la danse ou le jeu d'un animal qui court, piaffe ou s'ébroue. »

Ce que corrobore l’œuvre achevée qui ne présente plus aucun intérêt pour lui : « Je n'ai aucune envie d'accrocher des tableaux aux murs... Même dans mon atelier, les tableaux et les dessins sont tous face tournée vers le mur. »

À partir de ces années-là, expositions, prix (Grand prix international de la Peinture de la Biennale de Venise en 1960), nominations prestigieuses (élu à l’Académie des Beaux-Arts de Paris en 1977) se multiplient aussi bien en France qu’en Allemagne ou en Autriche, tandis que des musées allemands lui octroient une salle d’exposition permanente (Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich en 1982, Hessisches Landesmuseum de Darmstadt en 1984).

L’œuvre de Hans Hartung est fort bien représenté dans les collections publiques d’Europe et des États-Unis (Neue Nationalgalerie à Berlin, Tate Gallery à Londres, Centre Georges Pompidou à Paris, Museum of Modern Art et Metropolitan Museum of Art à New York, etc.) mais aussi dans les collections privées, comme celle de la Fondation Gandur pour l’Art à Genève.

(Martine Heudron)

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Expositions/Bibliographie

Rétrospective, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, Kunsthaus, Zurich, Museum des 20. Jahrhunderts, Vienne et Stedelijk Museum, Amsterdam, 1963-1964

Hans Hartung, paintings 1971-1975, Metropolitan Museum of Art, New York

Taiwan Art Museum, Taipei, 1997

L’Envolée lyrique, Paris 1945-1956, Musée du Luxembourg, Paris, 2006

Amnon Barzel, Cristiano Isnardi, Hans Hartung : au commencement était la foudre, 2007

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Revue de presse

http://www.fondationhartungbergman.fr/sitehhaeb/
http://www.lepoint.fr/culture/peinture-hans-hartung-et-les-peintres-lyriques-a-landerneau-10-12-2016-2089441_3.php
http://www.aubagne.fr/fr/services/sortir-se-cultiver/evenements/2016/exposition-hans-hartung.html
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cezn5d/rrgeanr
http://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/hans-hartung-l-art-moderne-contre-l-ideologie-nazie-207763
http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/07/18/peinture-hans-hartung-un-abstrait-oublie-retrouve_1074919_3246.html
http://fresques.ina.fr/soulages/fiche-media/Soulag00044/pierre-soulages-et-hans-hartung.html
http://www.les-lettres-francaises.fr/2016/09/hans-hartung-creer-alors-que-la-mort-guette/
http://www.hhestampes.com/
http://www.ladressemuseedelaposte.fr/OEuvre-originale-de-Hans-Hartung
http://blog.apahau.org/colloque-hans-hartung-et-labstraction-realite-autre-mais-realite-quand-meme-paris-12-13-janvier-2016/
https://www.connaissancedesarts.com/art-contemporain/a-landerneau-le-fonds-leclerc-rend-hartung-lyrique-1158752/
http://www.lequotidiendelart.com/articles/8247-nouveau-record-aux-encheres-pour-hartung-a-drouot.html
https://www.lequotidiendelart.com/articles/8511-la-fondation-hartung-enrichit-son-catalogue-raisonne-en-ligne.html
http://next.liberation.fr/arts/2017/01/08/hans-hartung-l-abstraction-avant-tout_1539944

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