Eugène-Boudin

Eugène Boudin (1824-1898)



Biographie

En 1824, Eugène Boudin naît dans le port de Honfleur en Normandie, de parents employés tous deux sur des bateaux de la marine marchande. Après l’installation de la famille au Havre en 1835, le jeune garçon est placé comme mousse sur une liaison locale, avant de travailler dans le secteur du papier et finalement d’ouvrir en 1844 une boutique de papetier-encadreur avec un associé. Des artistes de toutes disciplines fréquentent le commerce qui leur sert aussi de lieu d’exposition.

Boudin se met alors à dessiner et reçoit bientôt les encouragements du créateur normand Jean-François Millet et de l’académique professeur Thomas Couture, de sorte qu’en 1846 il décide de tout abandonner pour l’art. Entré à l’École municipale de dessin du Havre et repéré pour son potentiel, il se voit octroyer une bourse afin de partir étudier la peinture pendant trois ans à Paris : en 1851, Boudin s’inscrit dans l’atelier d’Eugène Isabey et au Louvre comme copiste. Dès 1853, il peint des natures mortes destinées à la vente pour compléter ses ressources, qui révèlent l’influence indéniable de Chardin et une maîtrise de la lumière en clair-obscur.

 

À partir de 1855, la vie d’Eugène Boudin est rythmée par les voyages entre Paris, Le Havre, Honfleur mais aussi la Bretagne. En pension dans son port natal à la ferme-auberge Saint-Siméon tenue par la mère Toutain, il y côtoie les grands peintres de l’époque, normands ou parisiens.

En 1859, Boudin rencontre Charles Baudelaire et lui montre ses études de ciels au pastel, morceaux de paysage pur : le poète et critique d’art visionnaire pressent le génie du peintre, qu’il loue aussitôt dans son compte rendu sur Le Pardon à Sainte-Anne-la-Palud, scène de genre bretonne exposée au Salon officiel.

 

Dès 1854, ses sujets sont les rivages autour d’Honfleur et de Sainte-Adresse, peuplés de paysans ou de pêcheurs. Mais au début des années 1860, l’artiste profite de l’afflux des Parisiens aisés dans les stations balnéaires de Trouville et Deauville, desservies à partir de 1863 par le chemin de fer, pour peindre les plages investies par les redingotes, les crinolines et les jeux d’enfants, optant ainsi pour un nouveau type de sujets, tirés de la vie moderne : la critique remarque Boudin qui s’intéressera à «[s]es petites dames sur la plage » jusqu’en 1896, tout en poursuivant ses paysages marins, ports et plages.

 

Il peint ses tableaux sur le motif ou d’après des études prises sur le vif, qu’il annote souvent en précisant la date, l’heure et même la force du vent. Autant d’éléments qui préfigurent le courant impressionniste, tout comme le traitement par touches fragmentées qui modèlent les formes à la place du trait afin de capter au plus juste les effets atmosphériques du moment, de sorte qu’il inaugure la pratique des séries - plus tard, elles seront chères à celui qu’il initia lui-même à la peinture de plein-air, Claude Monet. Car, en réalité, le véritable sujet de la peinture de Boudin est bien la lumière dans le paysage marin, telle qu’il la perçoit d’abord dans le ciel : il lui réserve dans la plupart de ses œuvres la plus grande place -à la manière du Hollandais Ruysdael qu’il a pu découvrir lors d’un séjour aux Pays-Bas en 1848- au point que Corot le surnommera « le roi des ciels ».   

« Bien observer et tirer de la nature tout ce qu'il est possible d'en tirer. La lumière surtout ! Chercher son rayonnement, la fulguration, la condenser, la poursuivre dans sa chaleur. » (Carnet de l'artiste, 1887)

Dès 1871, Boudin atteint une grande maîtrise dans le rendu de la translucidité de la lumière, usant d’un jeu subtil des tonalités de gris, gris-bleu et ocre, qu’il déploie magistralement jusque dans la vieillesse, comme l’atteste La Plage à Trouville (Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg) de 1893.

 

Mais depuis la fin des années 1880, il expérimente aussi une peinture très enlevée, voire fantaisiste, à la touche large et aux formes simplifiées (La Jetée et le Phare de Honfleur, 1885-1890, Fitzwilliam Museum, Cambridge), qui, à la fin de sa vie dans les années 1890, évolue vers une dissolution des formes évoquant Turner et ouvrant une fois de plus des voies nouvelles à la peinture française (L’Été à Trouville, 1890-1894 (MuMa).     

 

Eugène Boudin est représenté dans nombre de collections publiques à travers le monde, outre le Musée d’Orsay à Paris, le Musée d’art moderne André Malraux (MuMa) du Havre et le Musée Eugène Boudin à Honfleur.

 

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Expositions/Bibliographie

Louis Eugène Boudin precursor of Impressionism, Santa Barbara Museum of Art, 8 octobre-21 novembre 1976, Art Museum of South Texas, Corpus Christi, 2 décembre 1976-9 janvier 1977, Museum of Fine Arts, St. Petersburg (Floride), 18 janvier-27 février 1977, Columbus Gallery of Fine Arts, 10 mars-24 avril 1977, etc.

Eugène Boudin en Normandie : centenaire de la mort du peintre, Musée Eugène Boudin, Honfleur, 4 juillet-4 octobre 1998

Eugène Boudin, 1824-1898 : à l’aube de l’Impressionnisme, Fondation de l’Hermitage, Lausanne, 7 juillet-15 octobre 2000

Eugène Boudin par ses contemporains : Baudelaire, Monet, Zola (textes réunis par Frédéric Chaleil), 2013

Musée Jacquemart-André, Paris, 22 mars-22 juillet 2013

Laurent Manœuvre, Petit dictionnaire autobiographique Eugène Boudin, 2014

Anne-Marie Bergeret-Gourbin, Laurent Manœuvre, Eugène Boudin, la magie de l’air et de l’eau, 2016

Eugène Boudin, l’atelier de la lumière, Musée d’art moderne André Malraux (MuMa), Le Havre, 16 avril-26 septembre 2016

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Revue de presse

http://www.musees-honfleur.fr/musee-eugene-boudin/les-collections/eugene-boudin-1824-1898.html
http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/eugene-boudin
http://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/eugene-boudin-0
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/03/29/03015-20130329ARTFIG00349-eugene-boudin-en-pleine-lumiere.php
http://www.muma-lehavre.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/eugene-boudin/boudin-etude-de-nuages-sur-un-ciel-bleu
http://www.musees-honfleur.fr/eugene-boudin-1824-1898/les-pastels.html
http://www.lepoint.fr/culture/rendons-a-boudin-ce-qui-est-a-boudin-20-03-2013-1643474_3.php
https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/d-eugene-boudin-a-claude-monet-honfleur-la-cite-des-peintres-259871
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/03/29/03015-20130329ARTFIG00351-eugene-boudin-l-aine-des-impressionnistes.php

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