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Sculpture

Ernst Barlach (1870-1938)



Biographie

Ernst Barlach (1870-1938) est considéré comme l’un des sculpteurs majeurs de l’Expressionnisme allemand. À la recherche de la vérité intérieure, il crée des images humaines où l’expression spirituelle de l’être prime sur son apparence extérieure. Ses figures-blocs illustrent sa quête d’un type humain universel, d’un archétype. Une simplification poussée, un mépris pour les détails et une grande monumentalité caractérisent aussi L’Extatique, créée par l’artiste comme une figure autonome. Jusqu’en 1930, Barlach a une prédilection pour le bois puis son marchand Alfred Flechtheim lui propose de couler en bronze quelques-unes de ses sculptures datant des années 1907 à 1930. Barlach se met alors à apprécier le bronze, notamment pour les œuvres où il veut « préserver la fraîcheur d’un sentiment éphémère ».

 

Ernst Barlach est aussi graveur et écrivain. Bien que favorable à la guerre avant qu’elle n’éclate, son implication dans les combats le fait changer d’avis, au point qu’il est surtout connu pour ses sculptures de protestation contre la guerre. Cela lui causa beaucoup de problèmes lors de la montée du parti nazi : la plupart de ses œuvres sont confisquées en tant qu’exemples d’art dégénéré.

 

Barlach naît à Wedel (Holstein), aîné des quatre garçons de Johanna Luise Barlach et du Dr Barlach de confession luthérienne. En 1884, son père décède. De 1888 à 1891, il étudie à la Gewerbeschule de Hambourg et du fait de son talent, il est envoyé à l’Académie royale des Arts de Dresde, auprès du professeur Robert Diez entre 1891 et 1895. C’est l’époque où il crée sa première sculpture importante, La Cueilleuse d’herbe. Puis il part pour Paris étudier à l’académie Julian, bien que réticent en tant qu’allemand vis-à-vis du style français.

 

De retour en Allemagne, il travaille quelque temps à Hambourg et Altona dans le style Art Nouveau, aussi bien aux illustrations du magazine Jugend (de 1897 à 1902) qu’en sculpture, créant même des statues en céramique. Puis il devient professeur dans une école de céramique. Sa première exposition particulière a lieu en 1904 au Kunstsalon Richard Mutz, à Berlin mais le manque de succès commercial le déprime.

 

Pour se remettre, il décide de partir en voyage huit semaines durant, en compagnie de son frère Nikolaus, afin de rendre visite en Russie à son frère Hans. Ce séjour de 1906 eut une grande influence sur sa vie et son œuvre. C’est aussi à ce moment-là que naît son fils Nikolaus, le 20 août 1906 : c’est le début d’un conflit de deux ans avec sa mère, Rosa Schwab, pour la garde de l’enfant qui finalement sera confiée à l’artiste.

 

À son retour, la situation financière de Barlach s’améliore considérablement : il reçoit un salaire fixe du marchand d’art Paul Cassirer en échange de ses sculptures. Tout cela lui permet de développer son propre style : il se focalise sur les visages et les mains de ses personnages, tandis que le reste est réduit au minimum.

Il se met aussi à la gravure sur bois et au bronze, dans des figures enveloppées de lourdes draperies, comme celles de l’art gothique, dont les attitudes dramatiques expriment de fortes émotions et un désir ardent d’extase spirituelle. Il travaille aussi pour le journal allemand Simplicissimus et commence à écrire, tandis qu’il participe à différentes expositions. En 1909, il s’en va vivre dix mois à Florence en Italie, avant de s’installer en 1910 à Güstrow (Mecklenburg), où il passera le reste de sa vie.

Avant la Première Guerre mondiale, Barlach est un patriote convaincu, attendant de la guerre un nouvel âge artistique. Cela se reflète dans son art, par exemple dans la statue du Vengeur (Der Rächer) qui date de décembre 1914. En 1915-1916, il se porte volontaire pour combattre comme soldat d’infanterie mais trois mois plus tard, il est réformé en raison d’une maladie de cœur ; il en revient pacifiste et militant ardent contre la guerre, dont les horreurs vont désormais influencer tout son art.

 

Après la guerre, sa réputation grandit : il reçoit de nombreuses récompenses et devient membre de la prestigieuse Académie des Arts de Prusse en 1919 ainsi que de l’Académie des Arts de Munich en 1925. Il refuse même nombre de titres et de postes de professeur. C’est l’époque où il est couronné pour sa pièce de théâtre Le Déluge (1924) qui exprime son mysticisme à travers l’histoire de l’Arche de Noé ; en 1926, il écrit Der Blue Boll, drame expressionniste où un seigneur tente de séduire une jeune mère SDF, avant de parvenir ensemble à une régénération spirituelle.

 

À partir de 1928, Barlach crée beaucoup de sculptures « anti-guerre ». Son pacifisme s’oppose à la tendance générale lors de la montée du nazisme, de sorte qu’il est beaucoup critiqué. Lorsque la ville de Magdebourg décide de lui commander un cénotaphe en mémoire de la Première Guerre mondiale, elle s’attend à voir des soldats allemands héroïques luttant pour leur glorieuse patrie. Mais Barlach met en scène trois soldats allemands, un bleu, un jeune officier et un vieux réserviste, debout dans un cimetière, portant tous les marques de l’horreur, de la douleur et du désespoir générés par la guerre ; ils sont flanqués d’une veuve de guerre en deuil cachant sa face désespérée, d’un squelette portant un casque allemand et d’un civil (autoportrait de l’artiste) aux yeux fermés et se bouchant les oreilles de terreur. Cela provoque une controverse -nationalistes et nazis assenant que ces soldats sont forcément des étrangers et non d’héroïques Allemands- et la sculpture est enlevée. Les amis de Barlach la cacheront jusqu’à ce qu’elle soit installée à la cathédrale de Magdebourg après la guerre mais Barlach subira des attaques jusqu’à sa mort.

 

En 1936, lors d’une exposition, les œuvres de Barlach sont confisquées en même temps que celles de Käthe Kollwitz et Wilhelm Lehmbruck, de même que la majorité de sa production, taxée d’« art dégénéré » (cénotaphe de Güstrow, cénotaphe de Hambourg). On interdit à Barlach de faire de la sculpture et il perd son statut au sein des différentes académies. Ce rejet est clairement exprimé par ses dernières sculptures.

Il meurt en 1938 à Rostock et est enterré à Ratzebourg.

 

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Expositions/Bibliographie

Ernst Barlach : Plastik, Zeichnungen, Druckgraphik, Kunsthalle de Cologne (en collaboration avec la Ernst Barlach Haus), 19 décembre 1974-5 février1975

Andrea Fromm, Barlach und die Avantgarde, eine Studie zur Rezeptionsgeschichte und Avantgardeproblematik, 2004

Ernst Barlach (1870-1938) : sein Leben, sein Schaffen, seine Verfolgung in der NS-Diktatur, Conférence, Berlin, 30 mai-1er juin 2008

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Revue de presse

http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/au-musee-dorsay/presentation-generale/article/barlach-4035.html?cHash=fcf9433691

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