Emil-Nolde

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Œuvre sur papier

Emil Nolde (1867-1956)



Biographie

De son vrai nom Hans Emil Hansen, le peintre allemand Emil Nolde naît en 1867 au sein d’une famille de paysans dans un petit village du Schleswig-Holstein, aujourd’hui danois, dont il prendra le nom en 1902. Son enfance est marquée par un protestantisme austère mâtiné des légendes du paganisme nordique.

Il vient tardivement à la peinture, après une formation de sculpteur ornemaniste sur bois (1884-1891) qui le mène notamment à enseigner le dessin à l’École d’art industriel de Saint-Gall en Suisse. Là, il fait des aquarelles des Alpes sur un mode burlesque pour des cartes postales qui ont du succès, de sorte qu’il décide de devenir peintre. Il part au tournant du siècle se former à Munich, puis à l’Académie Julian à Paris, où il est frappé par Rembrandt et Manet. 

 

À son retour, Nolde, qui partage son temps entre la ville -Berlin, Copenhague- et sa campagne natale au bord de la mer du Nord, découvre lors d’expositions à Berlin et Weimar Van Gogh et Gauguin qui vont avoir une influence profonde sur son art. En 1906, il expose à Dresde des toiles de paysages à la pâte drue fortement colorée ; enthousiasmés, les jeunes artistes de Die Brücke l’invitent à les rallier mais il quitte le groupe dès 1907, tout en conservant des liens d’amitié avec certains. 

Décidé à imposer un art nouveau, Nolde s’inscrit à la Sécession berlinoise qui ne l’apprécie guère ; il participe alors à la création de la Nouvelle Sécession qu’il abandonnera aussi afin de préserver son indépendance. 

C’est l’époque où son art évolue vers une facture plus légère et diversifiée, tandis que débute la série aujourd’hui célèbre de tableaux sur des thèmes bibliques, comme le Veau d’or (1910), le triptyque de la Légende de Marie l’Égyptienne (1912), le retable en 9 tableaux sur la Vie du Christ (1911-1912) : s’y côtoient ferveur extatique et sensualité brutale, par le biais de compositions dynamiques ou statiques au dessin simplifié et aux couleurs pures posées en aplats. 

 

Les ambivalences seront fréquentes chez cet artiste pétri de contradictions, du moins en apparence, chrétien mystique en même temps fasciné par les plaisirs nocturnes de la ville, telles ses Danseuses aux bougies (1912), dont le mouvement frénétique exprime autant sensualité que transe spirituelle. À côté de ces scènes urbaines, Nolde se consacre à partir de 1910 à des marines, thème qu’il reprendra régulièrement au fil du temps : sa série tourmentée Mer en automne l’amène à des formes colorées aux confins de l’abstraction.

 

Fasciné par les cultures extra-européennes qu’il découvre au Musée ethnographique de Berlin, Nolde fait partie fin 1913 d’une mission organisée par l’Office des Colonies en Nouvelle-Guinée et Papouasie, qui l’encourage encore plus à dénoncer les méfaits de l’impérialisme culturel de l’homme blanc (Le Missionnaire de 1912 sera suivi d’œuvres évoquant les arts primitifs dans les années 1910). 

 

Après son retour en 1914, il a trouvé son style propre, où la hardiesse des couleurs riches et contrastées -complémentaires de jaune-bleu, d’orange-violet- est associée à un dessin sans concessions.

Désormais célébré dans toute l’Allemagne (il refuse un poste de professeur à l’Académie de Karlsruhe), Nolde voyage beaucoup, tout en se faisant construire une maison en 1926 à Seebüll, non loin de son lieu de naissance. 

À partir de 1929, il pratique beaucoup l’aquarelle, pour des fleurs et paysages souvent avec figures mais aussi, entre 1931 et 1935, pour ses Fantaisies, série de facture très libre souvent de grand format aux sujets fantastiques, issus des contes et des mythes, ou oniriques. Purs produits de son imagination et de son émotion intime directement liée à sa vie spirituelle, ces figures véhiculent pour Nolde non pas une noirceur démoniaque mais une belle énergie de vie. 

« La peinture d’après nature et un peu de technique, tout le monde peut apprendre à le faire, plus ou moins bien. Mais ‘créer par l’imagination’ est seulement possible pour celui qui a du talent. »

 

Malgré son adhésion au parti nazi en 1934 (dans l’idée de construire un « nouvel art allemand » et mû par un antisémitisme virulent) et le goût de Goebbels pour son art, Nolde est critiqué par Alfred Rosenberg, conseiller d’Hitler en matière culturelle, jusqu’à ce que tombe en août 1941 l’interdiction totale de peindre. Son refus lui vaut d’être expulsé de l’Académie des Beaux-Arts, tandis que nombre de ses œuvres exposées dans les musées allemands sont confisquées, détruites ou vendues, lors de la campagne menée contre l’« Art dégénéré ». 

Nolde se réfugie à Seebüll et travaille de plus belle -clandestinement-, créant ce qu’il va nommer par dérision ses « tableaux non peints », plus de 1300 petites aquarelles faisant encore une large place aux fleurs et aux paysages. 

Cette résistance de l’intérieur fera office de rédemption : l’Après-guerre lui accordera honneurs et reconnaissance internationale.

 

Créateur solitaire et indépendant, Emil Nolde a toujours récusé l’appellation de peintre expressionniste : voulant échapper à toute culture savante, il voue un attachement viscéral à la terre et aux mythologies ancestrales.

Un élan vital et spirituel habite sa peinture : l’artiste cherche à révéler les forces obscures de la nature ou des êtres, qu’il perçoit au moment de peindre dans une sorte de transe mystique. Le vecteur premier de ce flux de vie est la vibration intense de la couleur, flamboyante et sombre tout à la fois ; en la magnifiant ainsi, Nolde a été l’un de ceux qui ont réinventé l’art de l’aquarelle au XXe s.

 

La maison de Nolde à Seebüll a été transformée en musée en 1957 et son œuvre est bien représenté dans les grands musées allemands ou européens (Bâle, Centre Pompidou à Paris).

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Expositions/Bibliographie

Martin Urban, Emil Nolde, catalogue raisonné, Vol.1 (1895-1914), 1987 ; Vol.2 (1915-1951), 1990

Musée d'Art moderne de la Ville de Lugano (Suisse), 13 mars-5 juin 1994

Nolde : watercolors in America, Museum of Fine Arts, Boston, 1995

Gabrielle Dufour-Kowalska, Emil Nolde, L'expressionnisme devant Dieu, 2007

Lionel Richard, Emil Nolde ou L'obsession de peindre envers et contre tout, 2008

Rétrospective, Grand Palais, Paris, 25 septembre 2008-19 janvier 2009, Musée Fabre, Montpellier, 7 février-24 mai 2009

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Revue de presse

http://next.liberation.fr/culture/2007/10/03/a-berlin-un-musee-pour-le-peintre-degenere-emil-nolde_103029
 
http://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/emil-nolde-la-force-de-la-couleur-eclate-au-musee-frieder-burda-de-baden-baden-138175
http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/emil-nolde
http://museefabre.montpellier3m.fr/EXPOSITIONS/Emil_Nolde_1867-1956
http://www.dossier-art.com/numero-155/emil-nolde/nolde-l-avant-garde-allemande.24047.php#article_24047
http://mci.blogs.marieclaireidees.com/archive/2008/09/25/emil-nolde-impressionniste-allemand.html
http://www.cooperation.ch/8403227
https://www.connaissancedesarts.com/peinture-et-sculpture/emil-nolde-met-de-la-couleur-au-grand-palais-1111503
http://www.fondationlaposte.org/florilettre/portrait-dauteurs/emil-nolde-1867-1956-nathalie-jungerman/
http://www.historia.fr/emil-nolde-un-peintre-dans-la-tourmente-nazie
http://www.lexpress.fr/culture/art-plastique/emil-nolde-au-grand-palais_586689.html
http://vivreaberlin.com/en-hommage-a-jolanthe-erdmann-la-muse-du-peintre-emil-nolde.html
http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/07/30/peinture-emil-nolde-l-extremiste-de-la-couleur_1078687_3246.htm
http://www.lessablesdolonne.maville.com/actu/actudet_-Emil-Nolde-aux-cimaises-du-musee-une-premiere-nationale-_loc-639313_actu.Html
http://www.telerama.fr/scenes/un-peintre-en-trompe-l-oeil,30001.php
http://www.latribunedelart.com/emil-nolde-1867-1956
http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/08/11/emil-nolde-l-homme-qui-peignait-le-vent_4469826_3246.html
https://www.letemps.ch/images/photos/paradis-secret-peintre-emil-nolde

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