Dennis-OPPENHEIM

Dennis OPPENHEIM (1938-2011)



Biographie

Né en 1938 à Electric City dans l’État de Washington (États-Unis), Dennis Oppenheim étudie au California College of Fine Arts and Crafts d'Oakland puis obtient un Master of Fine Arts à l'Université Stanford de Palo Alto (Californie) en 1965.

 

À la fin des années 1960, la rencontre de ses compatriotes Robert Smithson (1938-1973) et Michael Heizer (1944) l’éloigne de la conception classique du travail en atelier et de l’œuvre d’art destinée au musée pour s’impliquer dans le Land Art qui consiste à lier l’art et la vie en employant le cadre et les matériaux de la nature : sont conçus ses premiers « Earthworks », comme Boundary Split (1968) et Annual Rings (1968) où il creuse la glace, Directed seeding (1969) et Cancelled Crop (1969) créés à l’aide de machines agricoles, ou encore les Cobalt Vectors-An Invasion (1978) sur le Mirage Lake. Ces œuvres qui posent la question de l’intervention de l’homme dans la nature sont pérennisées par la photographie ou le film, documents qui deviennent par la même occasion des œuvres soumises au spectateur.

 

À la même époque, il fait la connaissance de Vito Acconci (1940-2017) qui, lui aussi, s’interroge sur la fonction de l’art et le rôle de l’artiste, par le biais de l’Art corporel qu’il développe à partir de 1969 : il s’agit de mettre en scène dans des performances expérimentales le corps de l’artiste et celui du spectateur. Dennis Oppenheim produit alors ses « Body Works »-conservés par la photographie-, dans lesquels il instrumentalise son corps comme réceptacle des énergies en mouvement, par ex. dans Reading Position for Second Degree Burn (Position de lecture pour une brûlure au 2e degré, performance, 1970). Mais face au  danger grandissant des interventions de l’artiste sur lui-même, il remplace son propre corps à partir de 1974 par une marionnette, dans des installations nommées post-performances, comme dans Attempt to Raise Hell (Tentative de faire un boucan du diable (1974), où la répétition incessante de l’acte violent provoque un transfert porteur d’angoisse chez le spectateur. Il exploite à nouveau ce sentiment dans Falling Room (1979), chute brutale et gratuite d’une cage métallique, comme s’il voulait engager le public à privilégier l’approche sensitive plutôt que rationnelle.

 

La même année, Theme for a Major Hit (Thème pour un succès majeur, 1974) met en scène 22 marionnettes hautes de 80 cm et suspendues au plafond ; actionnés par un moteur, ces pantins se meuvent au rythme d’une chanson écrite par Dennis Oppenheim lui-même, jouée à la guitare et à la batterie par d’autres artistes plasticiens. Si l’œuvre semble jeter un regard ironique sur la vie, le refrain révèle le cheminement de l’artiste vers l’Art conceptuel, qui agite toujours l’avant-garde des années 1970 : " It ain’t what you make, it’s what makes you do it" ("ce n’est pas ce que tu fais, c’est ce pourquoi tu le fais").

 

L’ensemble de ces expériences témoigne d’une attirance pour la sculpture, le plus souvent associée à une dynamique, qui ne cessera de se développer sous des formes variées, toujours implantées fortement dans un espace donné, qu’il soit intérieur, extérieur ou public : objets insolites (ex. : Watchflower, 2004), machineries (ex. : Saturn Up-Draft, 1979) ou installations complexes et énigmatiques conçues comme des usines sans production (ex. : Final Stroke-Project for a Glass Factory, 1980), structures monumentales voire habitables qui combinent souvent sculpture, architecture et théâtre (ex. : Chair/Pool, 1996 ; Wave Forms, 2007, cloches géantes ;  Electric Kiss, 2009, goutte de chocolat-bulbe d’église russe assimilé à la forme aérienne d’un baiser finissant ; Radiant Fountains, 2010, goutte d’eau géante illuminée ; Still Dancing, 2010, ; Swarm, 2011, évocation d’une nuée d’hirondelles).

Autant de créations qui sont conçues à partir de dessins préparatoires et réalisées en matériaux très variés, traditionnels ou industriels, avec l’emploi des objets quotidiens, directement ou reprenant leur forme à une autre échelle (ex. : Brush Building, 2005), mais aussi du son, du film ou de la vidéo, de la lumière électrique, des feux d’artifice…

 

Lors d’une conversation avec l’artiste Bill Beckley, Dennis Oppenheim explique sa démarche : "You are operating on the operation, not the thing. When you are operating on the operation you have found a way to separate yourself from the things and you operate in a more intangible way." (« Vous travaillez sur l’opération et non sur l’objet. Ainsi vous pouvez vous en détacher et opérer d’une manière plus dématérialisée »).

 

Aspiration à la liberté totale dans la création artistique hors des catégories traditionnelles, d’où la multiplicité des formes que prennent ses œuvres, même si elles peuvent véhiculer une même idée, telles Decomposition Gallery de 1968 et Digestion, Gypsum Gypsies de 1989 qui illustrent toutes deux le résultat de l’absorption d’énergie.

Le travail de Dennis Oppenheim est porteur d’une dimension sociale et politique, en donnant à voir un ensemble de signes à déchiffrer, de problèmes à résoudre, qui obligent le spectateur à s’interroger sur l’instabilité foncière de l’univers auquel il appartient et, en dernier ressort, sur la valeur supérieure de la nature et de l’énergie de  l’esprit face aux choses matérielles, non sans une pointe de poésie.

 

Couronné par de nombreux prix tout au long de sa carrière, l’œuvre de Dennis Oppenheim est présent dans de très nombreuses collections publiques à travers le monde, dont l’Art Institute of Chicago, le Los Angeles County Museum of Art,

le Metropolitan Museum of Art et le MoMA à New York, la National Gallery of Art à Ottawa (Canada), la National Gallery of Australia à Canberra, l’Hroshima City Museum (Japon), le National Museum of Contemporary Art à Kyungkido (Corée), le Museo nacional Reina Sofía à Madrid, le Helsinki City Art Museum, l’Israel Museum à Jérusalem, la Tate Gallery à Londres, le Stedelijk Museum à Amsterdam, les Musées Royaux des Beaux-Arts à Bruxelles, le Musée d'Art et d'Histoire de Genève, le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne (France), le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, outre les multiples créations de l’artiste installées dans un environnement public.

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Expositions/Bibliographie

Stedelijk Museum, Amsterdam, 18 janvier-2 mars 1974

Body Art, Museum of Contemporary Art, Chicago, 1975

XXXVIIe Biennale, Venise, 1976

Musée de la Ville de Paris, 15 décembre-20 janvier 1980

Seattle Art Museum (Washington), 1983

Dennis Oppenheim : factories, fireworks 1979-1984, Museum of Tel-Aviv, 13 septembre-22 novembre 1984

Center for Contemporary Art, Palm Beach (Floride), 1984

Cleveland Center for Contemporary Art (Ohio), 1992

Barbara Rose, Réalités parallèles : les dessins de Dennis Oppenheim, Paris, 1992

Centre International d'Arts Visuels, Marseille, 1996

Los Angeles County Museum of Art, 1997

Germano Celant, Dennis Oppenheim : explorations, Milan, 2001

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, 2005

Musée d’Art moderne et contemporain, Saint-Étienne, 14 mai-25 septembre 2011

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Revue de presse

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Œuvres d'art de Dennis OPPENHEIM

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