-César

César



Biographie

Né à Marseille en 1921 de parents italiens, César Baldaccini dit César suit des cours dès 1935 à l’École des Beaux-Arts de Marseille puis en 1943 à l’École des Beaux-Arts de Paris où il restera inscrit jusqu’en 1955, le statut d’étudiant lui offrant des commodités matérielles confortables. À la fin de la guerre, après un bref séjour à Marseille comme commerçant, il revient en 1946 à Paris et en 1947 travaille notamment le plâtre et le fer jusqu’à ce qu’il soit initié en 1949 à la soudure à l’arc dans une usine de Trans-en-Provence. En 1952, César crée ses premières sculptures selon cette technique : elle lui permet, en cette période de vaches maigres, de travailler à partir de matériaux métalliques mis au rebut, qu’il récupère facilement dans le quartier des ferrailleurs de Villetaneuse. Là, une fabrique de meubles métalliques l’accueille pour y installer son atelier en 1954 : c’est le début de la série des Fers, figurations puissantes et inquiétantes d’animaux -imaginaires ou non- ou d’humains faites d’un assemblage complexe de divers morceaux de ferraille qu’il développera abondamment jusqu’en 1966. À commencer par un Poisson long de 3,40 m qui le rendra célèbre et sera acheté par le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. De sorte qu’il peut acheter un atelier, rue Campagne-Première à Paris.
"Je suis devenu moi-même le jour où j'ai osé faire certaines choses que je croyais interdites. Pour créer, il faut avoir une grande fraîcheur, une grande naïveté. Ce qu'on appelle le feu sacré. Dans l'atelier, vous vous oubliez, et le matériau vous transforme. Soudain, une chose vous entraîne à une autre et ainsi de suite. En réalité, quand on est un artiste, on s'amuse."

 

"Je n'ai pas d'imagination. Elle ne me vient qu'avec le toucher et les yeux. Sans ces deux éléments, le cerveau ne fonctionne pas." 
En 1958, la découverte chez un ferrailleur d’une presse hydraulique capable de réduire des paquets de métal engage aussitôt César dans la voie des Compressions qu’il applique d’abord à 3 automobiles entières ; elles deviennent des blocs rectangulaires par une opération mécanique excluant la subjectivité de l’artiste : véritable défi à la société de consommation qui fait scandale mais aussi nouveau regard posé sur un objet du quotidien. Autant de considérations qui le font participer à la fondation suscitée par le critique d’art Pierre Restany du Nouveau Réalisme ou « nouvelles approches perceptives du réel », en date du 27 octobre 1960, aux côtés notamment de Raymond Hains, Nicky de Saint-Phalle et Arman.   

César maîtrise rapidement cette technique, choisissant ses matériaux et sachant les disposer pour obtenir le résultat voulu : ces Compressions dirigées l’éloignent donc du Nouveau Réalisme. Il continuera toujours de compresser (Suite milanaise, 1998 : des voitures Fiat neuves compressées sont peintes ensuite par l’usine de Turin aux couleurs de l’année), voire des matériaux inattendus comme des balles de papier (Un mois de lecture des Bâlois de 1996, 960 tonnes aujourd’hui disparues), des tissus, des bijoux d’or qui deviennent des cubes à porter en pendentif ou encore le trophée des César (1975).

Le sculpteur est poussé à s’intéresser au corps humain lorsqu’il est invité à participer à l’exposition La Main, de Rodin à Picasso, moment où il découvre le pantographe, outil qui permet d’agrandir un moulage. Se rappelant Jules César dont le pouce levé ou baissé décidait du sort des gladiateurs, il décide de mouler son pouce et d’en faire un agrandissement en plastique rose. C’est le début des Empreintes humaines : pouces, index, mains, poings, seins, seront déclinés dans des matériaux très variés -des plastiques et résines modernes aux traditionnels marbre, bronze, acier, or, etc., en passant par les plus insolites, sucre et pain- et pourront atteindre des dimensions monumentales, jusqu’à 12 m pour le Pouce (Esplanade de la Défense à Paris), 7 tonnes pour le Poing (fonte d’acier inoxydable poli installée en 1969 sur la place d'armes du Lycée militaire de Saint-Cyr).

Au cours d’une expérience lors de la réalisation des Empreintes, César découvre le phénomène chimique à l’origine des Expansions, version inversée -par la légèreté aussi- des Compressions : à partir de 1967, il se sert de la mousse polyuréthane mélangée à du fréon pour réaliser des performances, découpant et distribuant au public des morceaux de la « coulée-œuvre », pour créer des Expansions déclinées en de nombreuses variantes, toutes marquées par son intervention : il joue sur les couleurs, le degré de solidification, sur le flux des coulées juxtaposées ou superposées mais aussi sur la masse figée, en effectuant un travail de finition par ponçage, nappage ou laquage. Jamais rassasié des expérimentations, il découvre en 1969 le moyen technique de conserver ces objets mais il en tire aussi des séries de bronzes.

Malgré une autodérision qui l’empêchera longtemps d’être pris au sérieux, César est internationalement reconnu à partir des années 1970 et représenté dans nombre de grands musées, comme le Centre Pompidou à Paris, la Tate Gallery à Londres, le Museum of Modern Art à New York, sans compter les places publiques de nos cités.

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Expositions/Bibliographie

XXVIIIe Biennale de Venise, 1956

Stedelijk Museum, Amsterdam, 1966

Musée Cantini, Marseille, 1966

Pierre Restany, César, Paris, 1988

Galerie nationale du Jeu de Paume, 10 juin-26 octobre 1997, Konsthall, Malmö (Suède), Palazzo Reale, Milan, Museo Rufino Tamayo, Mexico City, 1998, Museu Brasileiro da Escultura, São Paulo, Museo Nacional de Artes Visuales, Montevideo, 1999

César Anthologie par Jean Nouvel, Fondation Cartier, 2008

Renaud Bouchet, Les Fers de César, 1949-1966 : le matériau et sa présence, Rennes, 2016

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Revue de presse

https://www.lequotidiendelart.com/articles/11062-le-centre-pompidou-rendra-hommage-a-cesar-a-la-fin-de-l-annee.html
https://www.fondationcartier.com/#/fr/art-contemporain/26/expositions/294/toutes-les-expositions/636/cesar-anthologie-par-jean-nouvel/
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/c4r97a6/rdp4Xq
http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2012/05/17/03016-20120517ARTFIG00427-monumental-cesar.php
http://www.lexpress.fr/informations/cesar-1921-1998_631472.html
https://www.artcotedazur.fr/artistes,181/art-contemporain,183/cesar-sur-la-cote-d-azur,4627
https://marsactu.fr/cesar-le-mal-aime/
https://www.lesechos.fr/22/01/1999/LesEchos/17821-142-ECH_une-sculpture---monumentale---de-cesar-vendue-aux-encheres.htm
https://www.franceculture.fr/sculpture/le-sculpteur-cesar-mon-atelier-c-est-comme-si-c-etait-une-carriere
http://www.liberation.fr/grand-angle/2008/07/01/heritage-la-salade-cesar_75348
https://www.fondationcartier.com/#/fr/art-contemporain/55/editions/289/toutes-les-publications/304/les-championnes-de-cesar/
http://www.parismatch.com/Culture/Cinema/Cesar-Normalement-j-aurais-du-etre-camionneur-1192841
http://www.lemonde.fr/culture/article/2005/07/01/exposition-sculptures-en-fer-du-cesar-d-avant-la-gloire_668416_3246.html
https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Le-premier-Cesar-trophee-oublie-2016-02-26-1200742843

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Œuvres d'art de César

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-César/compression-plastique
César Compression plastique, 1972 sculpture
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