Camille-Pissarro

Camille Pissarro (1830-1903)



Biographie

Né en 1830 sur l’île Vierge danoise de Saint-Thomas au sein d’une famille de négociants, Camille Pissarro deviendra pourtant le plus âgé des membres fondateurs de l’Impressionnisme qui vit le jour en Île-de-France.

 

Ses parents d’origine française l’envoient poursuivre ses études dans une pension réputée de Passy, afin de prendre la relève de l’entreprise familiale, mais Camille fait la connaissance à Saint-Thomas en 1850 du peintre danois Fritz Melbye, rencontre qui le détermine à choisir la carrière artistique. Ils partent ensemble en 1852 au Venezuela, attirés par sa politique inspirée de la Révolution française.

Rappelé par son père, Pissarro finit cependant par quitter définitivement les Antilles pour la France en 1855, lui promettant de suivre l’École des Beaux-Arts afin d’obtenir son soutien financier. Mais le jeune homme, qui a pratiqué la peinture de plein air avec Melbye, s’inscrit à différents cours privés, dont l’académie Suisse, ou bien travaille avec Corot à Fontainebleau.

Ayant d’emblée tourné le dos à l’existence bourgeoise qui s’offrait à lui aux Antilles, il cultive ses opinions auprès de la militante Maria Deraismes et devient pour le restant de ses jours un anarchiste convaincu, suivant Proudhon et sa vision de l’art qui doit être « expression de la vie humaine » et « vérité », à l’encontre de celui qu’apprécie la bourgeoisie.

 

Ainsi pour Pissarro, l’Impressionnisme sera partie prenante du mouvement progressiste de libération des peuples et de l’individu, la transgression des codes de la peinture académique s’affirmant dans le choix de sujets tirés de la vie réelle et, surtout, le rendu sur la toile de la sensation perçue dans l’instant : c’est bien cela qu’il vise en peinture, en rejetant aussi toute espèce de littérature.

Dans sa vie privée aussi, il applique le principe de la liberté, en prenant pour compagne Julie, l’aide-cuisinière de la maison, pauvre et catholique, au grand dam de ses parents de confession juive, qui avaient pourtant eux-mêmes bravé les interdits dans leur histoire d’amour peu banale...

Pissarro restera fidèle à ses engagements toute sa vie, malgré nombre de difficultés financières et de souffrances -il peint enseignes et stores, tandis que Julie entretient poulailler et potager- qui lui vaudront le versement par ses parents d’une petite pension jusqu’à l’année de ses 42 ans.

 

Au début de 1872 en effet, l’horizon s’éclaircit grâce au marchand Paul Durand-Ruel, rencontré à Londres pendant la guerre de 1870, qui lui achète beaucoup de tableaux et cherche désormais à diffuser en France comme à l’étranger cette nouvelle forme d’art. Son soutien sera cependant suspendu après le krach boursier de 1882 ou durant la période pointilliste de Pissarro, style qu’il n’apprécie guère. Le peintre reçoit alors l’aide précieuse de ses amis, Piette, Caillebotte, Gauguin ou Monet… Car outre son talent, ses qualités de courage dans l’adversité et de cœur sont reconnues de tous. L’artiste n’en est pas moins fréquemment assailli par le doute, notamment quant à l’intérêt de son travail, qu’il est enclin à critiquer sévèrement.

 

Face aux refus répétés du Salon officiel, Pissarro décide avec Monet en 1873 de créer une société leur donnant la possibilité d’organiser eux-mêmes leurs expositions, dont la première en 1874 chez Nadar sera suivie de sept autres qu’il honorera toutes. S’il veut rompre avec l’art académique, il ne renie pas pour autant les paysagistes du passé, tels Le Lorrain, Constable, Turner, de même que le vieux Corot qui lui prodigue ses conseils.

 

À partir de 1866, c’est à Pontoise que Pissarro, à la recherche de son style, travaille en commun avec son ami Cézanne rencontré à l’académie Suisse. Ce dernier lui transmet alors ses compositions compactes et ses formes nées de larges aplats de couleurs sombres. Mais en 1872, Pissarro, parti vivre à Louveciennes puis en Angleterre, revient à Pontoise avec une palette beaucoup plus claire, que Cézanne adopte définitivement. Autour de 1875, ils collaborent à des recherches multitonales, sur les verts notamment, font l’expérience de la composition à axe décalé et emploient le couteau à palette.

 

De sorte que naît peu à peu dans la peinture de Pissarro l’Impressionnisme dans toute sa plénitude, donnant à sentir la vibration de la lumière et de l’air, telle que l’a perçue l’artiste à un instant précis.

Outre la sensation, la quête d’unité sous-tend l’ensemble de l’œuvre de Pissarro, par le biais des valeurs rapprochées reconnues par son fils Lucien, ce que le maître à la fin de sa vie appellera « une relation d’accords », qui est « la grande difficulté de la peinture », nous rapporte le journaliste Robert de La Villehervé.

 

Au gré de ses voyages (Normandie, Londres, Belgique, Amsterdam…) et de ses installations successives (Louveciennes, Pontoise, Osny), dont la dernière sera à Éragny-sur-Epte près de Gisors à partir de 1884, Pissarro peint les paysages qui s’offrent à lui en toutes saisons comme à toute heure du jour ; il aborde en 1874 lors d’un séjour à Montfoucault les scènes de genre d’animaux et paysans, avant de se lancer à partir des années 1880-1882 dans le grand format de figures paysannes « sans ambages et sans fard », note Huysmans (1887).

Atteint en 1893 d’une infection à l’œil incurable qui l’empêche dorénavant de peindre en plein air, Pissarro se fait aménager un atelier dans la grange d’Éragny qu’il occupe à la belle saison, tandis qu’il passe le reste du temps derrière la fenêtre d’une chambre en ville, à Rouen, au Havre ou à Paris : c’est le début de ses nombreuses séries urbaines, à la suite de celles de Monet, qui lui donneront d’explorer avec brio durant les dix dernières années de sa vie toutes les ressources de son art impressionniste, au point d’en atteindre les limites :

« Les motifs sont tout à fait secondaires pour moi : ce que je considère, c’est l’atmosphère et les effets. (…) je finis par trouver au même endroit des effets que je ne connaissais pas et que je n’avais pas tentés ou réussis. Ce que je ne trouve pas facilement, c’est le moyen pratique.» (avril 1903)

 

Si une vision d’ensemble de son œuvre révèle à quel point sa touche est variée et récurrente, de sorte que le seul examen de sa peinture ne permet pas de discerner aisément son évolution stylistique, Pissarro s’adonna néanmoins entièrement au Pointillisme de Seurat et Signac entre 1886 et 1894. Il est le seul Impressionniste à rejoindre la jeune génération bien qu’étant le plus âgé, séduit par l’unité lumineuse générée par cette technique « scientifique ». La défendant longtemps avec force envers et contre tous, au point de rompre avec Gauguin par exemple, il finira par s’en détacher avec soulagement, reconnaissant qu’elle est incompatible avec la spontanéité et la liberté propres à son tempérament.

Comme par compensation, vie et mouvement deviennent alors les véritables sujets des vues urbaines d’un Pissarro âgé mais innovant, amené à schématiser les formes jusqu’aux limites de l’abstraction.

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Expositions/Bibliographie

Galerie Durand-Ruel, Paris, 29 mai-28 septembre 1962

Camille Pissarro au Venezuela, Ambassade du Venezuela, Paris, 24 février-21 avril 1978

Janine Bailly-Herzberg, Correspondance de Camille Pissarro, vol. 1 (1865-1885), vol. 2 (1886-1890), vol. 3 (1891-1894), vol. 4 (1895-1898), vol. 5 (1899-1902), Paris, 1980-1991

Musée Pissarro, Pontoise, 27 mai-31 octobre 1989

Richard Thomson, Camille Pissarro : Impressionism, landscape and rural labour, Londres, 1990

Staatsgalerie, Stuttgart, 11 décembre 1999-1er mai 2000

Joachim Pissarro, Claire Durand-Ruel-Snollaerts, Camille Pissarro, catalogue critique des peintures, Vol.I et II, Paris, 2005

Camille Pissarro, le premier des impressionnistes, Musée Marmottan-Monet, Paris, 23 février-2 juillet 2017

Pissarro à Éragny : la nature retrouvée, Musée du Luxembourg, Paris, 16 mars-9 juillet 2017

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Revue de presse

http://www.newsoftheartworld.com/camille-pissarro-limpressionnisme-passion-lauthenticite/
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2017/02/26/03015-20170226ARTFIG00080-pissarro-un-anarchiste-sous-les-pommiers.php
http://www.muma-lehavre.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/impressionnisme/pissarro-lanse-des-pilotes-du-havre
http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/pontoise-consacre-deux-expositions-inedites-a-pissarro-17-03-2017-6771774.php
http://www.lexpress.fr/culture/livre/ile-etait-une-fois-camille-pissarro_1853573.html
http://www.lepoint.fr/arts/camille-pissarro-le-premier-des-impressionnistes-en-retrospective-a-paris-23-02-2017-2107035_36.php
http://www.telerama.fr/sortir/la-vie-chaotique-de-camille-pissarro-le-premier-impressionniste,157310.php
http://www.ledauphine.com/savoie/2015/07/23/vole-il-y-a-34-ans-le-pissarro-a-retrouve-son-port-d-attache
https://www.connaissancedesarts.com/peinture-et-sculpture/loeil-fertile-de-pissarro-1165888/
http://museeduluxembourg.fr/actualite/eragny-sur-epte
http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/camille-pissarro-le-promeneur-de-pontoise-23-07-2015-4966369.php
http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentaire/commentaire_id/gelee-blanche-7074.html?no_cache=1
http://www.grandpalais.fr/fr/article/1886-1894-pissarro-le-pointilleux
http://www.lefigaro.fr/culture/2015/06/12/03004-20150612ARTFIG00173-un-pissarro-vole-par-les-nazis-restera-a-madrid.php
https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/un-tableau-de-pissarro-vendu-24-millions-d-euros-a-londres-149177
https://www.connaissancedesarts.com/publication/hors-serie-camille-pissarro-le-premier-des-impressionnistes/

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